Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Le maigre bilan de Johann Schneider-Ammann

Johann Schneider-Ammann ne laissera guère de traces de son passage au Conseil fédéral entre 2010 et 2018. Déjà souvent absent lorsqu’il siégeait au Conseil national, il n’est jamais entré dans son costume de membre d’un gouvernement. Son élection était davantage le résultat d’un concours de circonstances que d’un véritable choix du Parlement. Les calculs politiques avaient alors triomphé. A l’heure du bilan, on en mesure les retombées négatives.

Que retiendra-t-on de Johann Schneider-Ammann? Durant son mandat, cet homme peu charismatique et qui peinait à expliquer sa vision s’est surtout battu pour permettre aux entreprises helvétiques de diversifier leurs activités sur l’ensemble de la planète afin de réduire leur dépendance envers l’Union européenne. Il n’a pas ménagé ses efforts pour emmener les patrons à la conquête d’autres marchés. Et il a surtout cherché à conclure des accords de libre-échange avec de nombreux partenaires. Des négociations sont d’ailleurs en cours avec les membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), l’Inde et plusieurs pays asiatiques. Sa principale réalisation a consisté à signer un accord avec la Chine. Même si celui-ci tarde à déployer ses effets, il est important pour permettre aux entreprises de pénétrer ce marché.

Dans la formation, Johann Schneider-Ammann a toujours milité pour un système fondé à la fois sur l’Université, les HES et l’apprentissage. Un système qu’il a tenté d’exporter à la demande de nos partenaires dont nombre de délégations sont venues en Suisse pour comprendre ce qui fait notre réussite économique.

Au niveau du partenariat social, le Bernois a toujours défendu le dialogue entre l’Etat, le patronat et les syndicats jusqu’à ce que l’Union européenne fasse pression pour modifier la fameuse règle des huit jours dans le cadre de la libre-circulation des personnes. A la grande colère des syndicats, il était prêt à sacrifier une partie des mesures d’accompagnement pour parvenir à un accord avec Bruxelles.

Dans l’agriculture (une division importante de son département), Johann Schneider-Ammann n’a jamais compris le combat que mènent les paysans pour survivre dans un environnement difficile. Il les a surtout braqués avec sa «vue d’ensemble du développement de la politique agricole» qu’il a dû mettre sous le tapis en raison de l’opposition du Parlement.

Le bilan est maigre. Un chef d’entreprise ne devient pas forcément un bon conseiller fédéral!

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