1Jerome Schnoebelen

SPÉCIALISTE DES MÉTIERS D'ART

Diplômé en management international et marketing en 1997, Jérôme Schnoebelen s'est spécialisé dans le secteur du luxe afin de répondre à sa passion pour les savoir-faire d’exception. En 2012, il obtient un master en management du luxe à Genève. Dans le cadre de ses études, il a rédigé un mémoire dans le domaine de l’Art Bottier en 2011 puis une thèse relative aux Métiers d’Art en Europe vs. Chine en 2012. Il est à l’origine, en 2010-11, de deux recueils qui approfondissent la connaissance des marchés et des Maisons et marques de luxe des souliers et de l’horlogerie. Ces différentes recherches ont été marquées par de nombreuses rencontres avec des dirigeants et acteurs prestigieux du luxe tels qu’Hermès - Shang Xia, les Maisons d’Art Chanel, Berluti, Piaget, Audemars Piguet, Richemont ...

A 41 ans, Jérôme a œuvré au sein de différentes directions de l’industrie, du design, de l’horlogerie, du soulier et de la mode. Cette longue expérience lui confère de solides compétences et une expertise reconnue afin d’optimiser le développement des performances opérationnelles dans les domaines du marketing, de la gestion de la relation clients et de la supply chain.

Le luxe chinois, un concurrent de taille

A travers les époques et tout au long de l’histoire, les métiers d’art et l’artisanat d’exception n’ont cessé d’évoluer et de se renouveler. Successivement, la Chine et l’Occident ont joué un rôle fondamental dans la sauvegarde et la transmission de ces savoir-faire traditionnels qui font, de nos jours, la richesse et la beauté de notre patrimoine culturel.

En Chine, les différentes dynasties qui se sont succédées ont contribué pleinement à l’évolution des autres civilisations grâce, entre autres, aux différentes inventions capitales qui leur sont attribuées. En effet, quatre des plus grandes inventions sont d’origine chinoise : la boussole, l’imprimerie, le papier et la poudre à canon. On leur doit vraisemblablement la moitié des inventions capitales !

Les méthodes de fabrication ancestrales, le raffinement poussé à l’extrême et la qualité des pièces réalisées, tels que la broderie, la soie ou la porcelaine, faisaient l’admiration et la fascination de tout l’Occident. La soie est restée une exclusivité chinoise pendant près de trois millénaires et ce n’est qu’au XVème siècle que cette précieuse matière fera son apparition en Occident. Au cours du XVIIIème et XIXème siècle, la Chine était une véritable puissance manufacturière.

L'extraordinaire potentiel chinois dans les métiers d'art

 

Cependant, après des siècles d’excellence, la Chine a traversé une longue période où les valeurs culturelles traditionnelles ont été interdites. La révolution culturelle des années 1960-1970, sous l’effet de Mao Zedong, a marqué l’arrêt brutal du pouvoir d’attraction qu’exerçait la culture chinoise. Suite à cette période dévastatrice, et en conséquence la perte d’idéologie et de spiritisme, l’Empire du milieu a enregistré, pendant les trois décennies qui ont suivi, un développement économique sans précédent au détriment de métiers rares et précieux. Les répercussions de cette croissance effrénée ont, de plus, fortement terni la réputation du made in China du fait de l’industrialisation massive et des économies d’échelle excessives réalisées.

Paradoxalement l’influence de la Chine en matière d’artisanat d’exception se ressent de nouveau à l’échelle internationale et dans bien des domaines. L’Empire du Milieu possède toujours de solides compétences et souhaite profondément renouer avec son histoire et son patrimoine. L’expérience montre que la puissance économique d’une nation facilite le développement de la culture et de l’esthétisme. D’ailleurs de nombreux éléments mettent en exergue la profonde transformation des mentalités chinoises. Tout comme l’extraordinaire potentiel du pays dans le domaine des métiers d’art. Cela ne se fera bien sûr que si la Chine s’oriente vers une croissance plus qualitative. D’où l’intérêt de s’interroger sur le made in China et sa légitimité.

Des marques qui s'inspirent des dynasties

 

Des marques telles que Ne-Tiger, Shiatzy Chen ou Wuyong puisent leur inspiration des différentes dynasties qui se sont succédées et de certaines ethnies minoritaires chinoises. Elles reflètent parfaitement l’héritage du pays dont les savoir-faire et l’expertise remontent aux époques lointaines de la Chine impériale dans les domaines de la broderie, du brocart, du textile ou du tissage.

Ne-Tiger est une des plus anciennes et exclusives marques de luxe chinoises et fait figure d’icône en Chine. Spécialisée dans les produits en cuir, elle propose également un service sur-mesure (Chinese tailoring). Depuis l’origine, elle puise son inspiration de la dynastie Tang (618-907) qui a été une nouvelle fois le thème de la collection Haute Couture 2012 (China Fashion Week SS 2012 à Beijing), de certaines particularités propres aux minorités chinoises ainsi que de la peinture traditionnelle chinoise.

La Maison Shiatzy Chen est réputée pour la complexité de ses broderies et spécialisée dans le prêt-à-porter haut de gamme masculin ou féminin. Elle est souvent appelée le Coco Chanel chinois. La Maison puise son inspiration de la dynastie Song (960-1279) et de certaines ethnies minoritaires dont les Miao. La philosophie de la marque repose sur le mélange de culture, de tradition chinoise, comme l’emploi de la calligraphie, et de modernité.

La marque haute couture Wuyong est spécialisée dans les matières organiques et l’artisanat chinois. Elle est réputée pour l’utilisation de procédés naturels, la qualité de ses matières premières naturelles locales (coton, soie, ...) et la valeur de ses produits fabriqués à la main. Tous les vêtements sont exclusivement confectionnés à la main et les méthodes de fabrication respectent l’environnement. Basée sur la richesse de l’histoire chinoise, la philosophie de cette marque est fondée sur l’utilisation des techniques artisanales traditionnelles chinoises, telles que la teinture, le tissage et la broderie associées au design contemporain.

 

Peut-on imaginer que le made in China puisse un jour surpasser le swiss made ou le made in France en matière de savoir-faire manuels d’excellence? Peut-on faire le rapprochement avec le marché de l’art en Chine qui pèse plus de 40% du marché de l’art mondial ?

 

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