Patrick Zanello

ENTREPRENEURS DANS LES MÉDIAS - NEWS & SPORT FACTORY SA

A 46 ans, Patrick Zanello a un parcours professionnel jalonné par les médias, sa passion !

Une carrière professionnelle qui est passée du monde des radios locales à la presse, en passant par des agences de publicité ainsi que la télévision, au sein de sociétés telles que Ringier, Publigroupe, L’agefi, Heinz Heimann, Sonor ou Concept Media/CSM, au service de marques comme « L’Hebdo », Audemars Piguet, « Tribune de Genève », Supra, « L’agefi », « L’illustré », « TF1 », « Edelweiss », « Le Matin »…

Doté d’un esprit créatif et orienté « objectifs » qui lui a permis de développer de nouvelles activités dans les différentes entreprises avec lesquelles il a collaboré, que ce soit en marketing, vente ou organisationnel. Son parcours professionnel lui a permis de créer des attaches fortes avec la Suisse alémanique, la France et l’Italie (autant d’occasions de découvrir de nouveaux spots pour la course à pied dans chacune des villes visitées).

Amoureux des médias, du contenu tant autant que du contenant, il développe une activité d’entrepreneur des médias depuis quelques mois qui se concrétise à travers la création de News & Sport Factory SA depuis l'été 2013. Factory active dans les métiers de régie publicitaire crossmedia, dans l'activité de marketing, dans la création de contenu et dans l'événementiel pour des médias référents autour de l'information et du sport.

Le luxe chinois à la conquête de l’Europe

Depuis plusieurs années, les riches chinois arpentent les Champs Elysées, Via Napoleone ainsi que la Cinquième Avenue en quête de produits de luxe.

La Suisse n’échappe pas à ce phénomène, Suisse Tourisme indique que ce sont 830 à 840'000 citoyens chinois qui ont visité notre pays l’année dernière. Soit une progression de 25% en une année. Selon TUI, ce sont près de 16 millions de Chinois qui vont visiter l’Europe en 2020 alors qu’ils n’étaient que 4 millions en 2010.

Ce flux croissant de touristes ne profite d’ailleurs pas qu’à l’hôtellerie. Les horlogers peuvent aussi se frotter les mains. La Bahnhofstrasse à Zurich s’est d’ailleurs muée en peu de temps en une vitrine presque essentiellement horlogère, avec pas moins de 28 points de vente. Depuis longtemps, Interlaken et Lucerne ont misé sur le commerce horloger. Ces dernières années, les boutiques de montres ont ouvert les unes après les autres. Cet appétit pour les montres achetées en Suisse a d’ailleurs permis de compenser le fléchissement observé des ventes en Chine.

Malgré cette tendance baissière pour les exportations horlogères suisses en Chine, ce pays devrait dépasser la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Japon en s'imposant dans les cinq prochaines années, comme le deuxième marché le plus important de produits de luxe et ce derrière les Etats-Unis, selon le dernier rapport du cabinet international Euromonitor.

Les groupes chinois sont en quête des fleurons du luxe et de la mode en Europe. Les investisseurs chinois, fonds ou industriels, cherchent à s'offrir des marques emblématiques de luxe connues dans le monde. « Il n'y a pas un seul dossier aujourd'hui sans contact avec un candidat potentiel dans les pays émergents, notamment l'Asie », confirme Damien Bachelot, coprésident de la banque d'affaires Aforge aux journal « Les Echos ».

Un appétit croissant pour les marques de luxe européennes

La griffe de prêt-à-porter Cerruti a été rachetée la veille de Noël par Trinity, une filiale du groupe chinois d'habillement Li & Fung (16 milliards de dollars de chiffre d'affaires), pour 53 millions d'euros. En octobre, pour justifier la prise de participation dans Hermès, on évoquait dans l'entourage de LVMH la convoitise de fonds chinois pour le sellier, en plus de celle de Richemont.

En Suisse, Corum, Eterna et Porsche Design sont en mains chinoises (China Haidan) depuis plusieurs mois. Quant à Richemont, le dossier Lancel est aussi examiné par des firmes asiatiques.

Mais pourquoi tant vouloir s'installer en Europe ? 

"Les clients chinois aiment beaucoup les marques européennes", avoir un succès sur le marché européen est donc important en termes de crédibilité", confie à l'AFP Christiano Carlutti, directeur des ventes de Qoros sur le Vieux Continent. "Pour eux, le luxe, c'est l'Europe, confirme Susan Docherty, présidente de Cadillac Europe. Pour marquer des points en Chine, il faut s'installer et être crédible en Europe." Toujours dans le marché automobile, des manœuvres sont en cours du côté de PSA afin de s’allier avec un groupe chinois en parallèle de l’alliance avec GM.

Comment expliquer le regain d'appétit de ces derniers mois ?

Pour les spécialistes, ce mouvement s'inscrit dans la volonté des industriels chinois de ne plus se contenter de fabriquer pour les marques européennes. La plupart ont développé en plus des points de vente pour distribuer ces griffes ces dernières années. Ils veulent désormais les contrôler en totalité. La hausse des coûts en Chine pousse en effet de plus en plus de marques de mode à rapatrier leur production dans le bassin méditerranéen. D'où la crainte de certains de perdre des clients dans un secteur du prêt-à-porter haut de gamme en plein essor en Chine. « Ces investissements sont surtout guidés par le savoir-faire dans le domaine de la mode en Europe, explique de son côté Philippe Pasquet, président du directoire de Première Vision dans « Les Echos ».

Car si les Chinois ont acquis les compétences techniques dans ce secteur, c'est beaucoup plus compliqué de créer des collections à succès. Ces investisseurs sont prêts à racheter des marques internationales pour lesquelles leur marché intérieur va servir de levier et qu'ils pourront continuer de développer dans le reste du monde. Et même s'il y a peu de vendeurs, « cela ne les empêche pas de faire des offres avec des prix bien supérieurs aux standards, de 2 à 2,5 fois le chiffre d'affaires. Y compris pour de petites marques de luxe encore confidentielles. »

Les Chinois peuvent-ils appliquer la même stratégie pour l'horlogerie que cella utilisée pour la mode ?

Une clientèle chinoise qui s’approprie les codes du nouveau luxe

Véritable vivier de consommateurs pour les grandes marques de luxe l'Empire du milieu connaît une révolution dans ses pratiques. Alors que les produits manufacturés clairement identifiables ont longtemps fait le bonheur des Chinois, dans certaines grandes villes, comme Pékin ou Shanghaï, les acheteurs optent désormais pour des biens de distinction plus discrets."L'industrie du luxe mûrit, les Chinois deviennent plus sophistiqués dans leurs achats. On n'est plus dans une logique stricte d'ostentation", estime Fflur Roberts qui dirige les recherches sur le secteur du luxe au sein du cabinet de conseil Euromonitor dans Le Monde. Cette tendance a également été observée en Europe et aux Etats-Unis, où depuis le début de la crise financière en 2008 les consommateurs de luxe privilégient des produits aux labels moins reconnaissables. Car ce qui semblait luxueux il y a quelques années apparaît aujourd'hui banal.

Le segment qualifié de "luxe absolu" dans lequel évolue Hermès est celui dont les parts de marché augmentent le plus rapidement. Une tendance qui devrait se prolonger jusqu'en 2014, selon les prévisions des analystes. Louis Vuitton, Gucci ou encore Burberry ont déjà répondu à ces changements en augmentant leurs prix et en introduisant sur le marché de nouveaux produits dans le but d'augmenter encore leur image de marques haut de gamme.

Shang Xia : le pari d'Hermès

Pour réussir son projet, la fondatrice Jiang Qiong Er a obtenu la caution d'Hermès, dont le nom résonne auprès des consommateurs du luxe. Le groupe voit avec Shang Xia l'opportunité, «  à contre-courant, de montrer la créativité en Chine », un pays plus connu pour la contrefaçon et la production de masse. Les articles proposés ont de fait un design très contemporain, tout en s'inspirant de la dynastie Ming pour le mobilier, ou de celle des Han pour les vêtements au style épuré, comme ce manteau en feutre de cachemire fabriqué d'une seule pièce. On est loin des motifs populaires chinois comme la pivoine, le dragon ou le panda.

Après deux boutiques ouvertes à Shanghai et à Pékin, Shang Xia, dont le nom signifie le « haut » et le « bas », le « passé » et l'« avenir », part à la conquête de l'Europe, avec ce premier point de vente européen de 70 mètres carrés à Paris. Un marché clef. «  Il s'agit pour nous de vérifier la pertinence de la marque hors de Chine, indique Patrick Thomas, le cogérant d'Hermès. La France va servir de test pour la clientèle française et aussi les touristes. »

Cette marque a été créée en 2007 et la fondatrice a profité de ses études aux Arts déco à Paris pour s’inspirer de l’art de vivre à l’européenne afin de donner, dès le départ, une dimension internationale à sa griffe. Si la marque s’adresse en priorité aux Chinois, elle vise clairement une clientèle mondiale curieuse de découvrir un art de vivre extrêmement raffiné. C’est un vrai pari de la part d’Hermès qui accompagne cette marque depuis le début et qui lui permet aujourd’hui de s’implanter en Europe.

Après la venue de riches Chinois en Europe, l’achat de sociétés de luxe par les Chinois que l’implantation de marques haut de gamme chinoises en Europe représentent le nouveau défi de l’Empire du milieu. Un pays qui dispose de moyens financiers colossaux et d’une diaspora présente dans toutes les grandes villes européennes. 

Et si c’étaient les Chinois qui inventaient le nouveau luxe ?

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