Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

Le lapin de Pâques sera-t-il prévoyant ?

Notre système de prévoyance fait l’objet d’âpres débats au Parlement en ce moment. A la fin de cette session, le projet « Prévoyance 2020 » doit être bouclé. La question qui divise les esprits est de savoir comment compenser la réduction du taux de conversion des rentes LPP (de 6.8% à 6%). Pour le Conseil national, il faut supprimer la déduction de coordination dans la LPP, alors que la Chambre haute préférerait augmenter les nouvelles rentes AVS de 70 francs par mois.

Pour bien comprendre la différence, il faut rappeler que l’AVS est un système solidaire, où tout le monde cotise sur l’entier de son salaire, et reçoit une rente d’au maximum 2'350 francs par mois. A l’opposé, les rentes LPP dépendent dans 99% des cas des cotisations d’épargne qui ont été payées sur le salaire assuré, qui est au minimum celui compris entre 24’675 francs (la fameuse « déduction de coordination ») et 84'600 francs. Les quelques rares caisses de pension qui paient encore des rentes en pourcentage du dernier salaire, comme celle de l’Etat de Genève par exemple, ont de plus en plus de mal à les financer.

Une augmentation de la rente AVS de 70 francs par mois représenterait 840 francs par année ; mais comme la rente LPP annuelle médiane baisserait de 2'000 francs (cf. mon précédent billet de blog sur le sujet pour le détail de ce calcul), le résultat reste négatif pour plus de 1'000 francs. En supprimant la déduction de coordination dans la LPP en revanche, le montant total des cotisations d’épargne augmenterait, même si l’on réduit les taux de cotisation (il est proposé 5% de 25 à 34 ans, 8% de 35 à 44 ans et 13.5% au-delà). Concrètement, l’avoir de vieillesse médian augmenterait, hors rendement, de 250'000 francs à 300'000 francs. Et la rente atteindrait alors, calculée à 6%, 18'000 francs… au lieu d’être réduite de 17'000 francs à 15'000 francs ! Le rentier gagnerait alors 1'000 francs par an au lieu de les perdre.

Pourquoi tout le monde ne préfère-t-il donc pas cette variante ? Parce qu’elle implique, pour l’employeur comme pour l’employé, de payer plus de cotisations d’épargne, dès l’âge de 25 ans. Cela permettrait pourtant aux personnes qui travaillent à temps partiel ou qui ont un faible salaire de mieux préparer leur retraite. L’argent ne pousse pas tout seul, et si l’on veut vivre décemment après la vie active (sans augmenter l’âge de la retraite !), il faut bien prendre l’argent quelque part.

Un autre reproche qui est fait à l’augmentation de la rente AVS est qu’elle aggraverait le déficit structurel de cette assurance. Il faut savoir que d’après les projections de l’Office fédéral de la statistique, il se rajoute 40'000 retraités chaque année, mais seulement 15'000 nouveaux actifs. Dans quelques années, les cotisations des seconds ne couvriront plus les rentes des premiers, qui vivent toujours plus longtemps. Le système de l’AVS n’échappera alors pas à une nouvelle révision. Raison de plus pour préférer mettre ses œufs dans le panier de la LPP !

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