Consultant

Après une carrière comme officier de renseignement, Yves Baeumlin a dirigé dans les années 90 la célèbre agence Kroll à Paris, pionnière de l’intelligence d’entreprise. Actif dans ce domaine depuis 1997 au sein de la société genevoise Redmont-Advisory SA, il fournit des informations stratégiques aux entreprises.

Le flop du système d'écoutes suisse

La Suisse a encore loupé son coup avec l'achat d'un système d'écoutes téléphoniques inadéquat! Appel d'offre oblige, elle a acheté un système en privilégiant le prix au détriment de la performance.

Sous la responsabilité du Département fédéral de justice et police (DFJP), ce projet informatique, nommé Interception Sytem Schweiz (ISS), a coûté près de 20 millions de francs. Et il ne fonctionne pas, tout simplement.

Certes, le choix d'un système n'est pas aisé si l'on doit considérer que peu de pays offrent des systèmes d'écoutes. Sans oublier qu'il faut en choisir un provenant d'un pays qui ne va pas espionner le client lui-même...

Autrefois, la procédure d'écoutes était encadrée par des magistrats. Une justification était nécessaire pour mettre quelqu'un sur écoutes et il fallait aussi passer par l'opérateur téléphonique. Aujourd'hui, l'opérateur n'est plus informé, l'écoute est anonyme et simplifiée par la technologie. Les flics peuvent écouter sauvagement. Avec la prolifération des portables, les "méchants" (au fait, qui sont-ils ?) changent leurs téléphones et les cartes SIM toutes les semaines, ce qui rend la tâche de la justice plus difficile.

La technologie évolue (ils ont la triangulation, la reconnaissance vocale), ce qui permet de retrouver les sujets quelque soient les portables ou cartes utilisés. Toutefois, "écoute" signifie que quelqu'un doit analyser ce que disent les "méchants". Il faut se taper des heures d'enregistrement dont seule une infime partie est intéressante, le plus souvent dans des langues étrangères qu'il faut ensuite traduire... Le coût de l'opération est énorme. Ensuite, il faut lire, interpréter, analyser.

Les "méchants" connaissent parfaitement les combines des flics dont le premier réflexe est de recourir à la technologie. Finis les indics et les gens de terrains, l'instinct professionnel et la transmission d'expérience disparaissent.

Quant au flop du système suisse, il aurait mieux valu faire une analyse comparative de technologies. Et même développer un système propre, le pays en aurait les compétences. Nous dépendons d'une technologie étrangère qui ne fonctionne pas pour le moment, payée au prix fort. Cela ne vous rappelle pas le flop des logiciels de l'armée ?

Candeur, incompétence ou plus...? Votre avis m'intéresse.

 

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