Bernard Radon

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE COACHING SYSTEMS SARL

"Il y a chez Bernard Radon une quête perpétuelle pour comprendre les mécanismes de la stratégie et du management. Mais comment s’y prend-t-il pour coucher sur papier ce foisonnement d’expériences d'accompagnement de cadres et de cadres dirigeants? Je crois qu’il s’amuse à noter ses idées sur un petit calepin imaginaire. Il les transcrit ensuite sur des petits morceaux d’étoffe qu’il range soigneusement dans une boîte. Et quand le besoin de publier se fait pressant, il les sort, les trie, les arrange et enfin les coud soigneusement les uns avec les autres pour en faire un patchwork très ordonné dont l’image est non seulement cohérente, mais aussi d’une pertinence logique qui interpelle ses lecteurs. Il dit d’ailleurs en substance dans ses différents livres que l’on apprend à connaître son environnement par touches successives, comme si on reliait entre eux les morceaux d’un vaste puzzle. Au final, après avoir pris du temps, acquis et comparé toutes nos connaissances, c’est l’image d’ensemble qui se dégage: les organisations humaines dans toute leur complexité".

Le diesel Gate et l'effet Rigelmann

Pourquoi une entreprise de renommée internationale telle que Volkswagen brise-t-elle tous les codes éthiques en truquant ses moteurs diesel ? Comme d’habitude, les informations arrivent au public au compte-gouttes. Il faut citer l’excellent article de Eric Bergerolle paru en septembre dans le blog de Challenges. D’après son auteur, des salariés du Groupe Volkswagen ont qualifié de "règne de la terreur" le système instauré par l’ancien Président du Conseil d’Administration du Groupe, Ferdinand Piëch, et son successeur, Martin Winterkorn. Leurs témoignages livrés sous couvert d’anonymat sont confirmés par l’appréciation de grandes figures de l’industrie tels que Louis Schweitzer, ancien président de Renault, et Robert E. Lutz, BMW puis Opel.

L'effet Ringelmann ou la paresse sociale

Maximilien Ringelmann, ingénieur agronome, a réalisé une expérience visant à évaluer la force exercée par une personne lorsqu’elle tire sur une corde. Il ressort qu’en moyenne un individu exerce une force d’une soixantaine de kilos. Logiquement, deux individus devraient tendre vers une force exercée d’au moins du double et ainsi de suite. Pourtant il n’en est rien : l’expérience démontre que plus le nombre de personnes augmente plus la force exercée par chacune d’entre elles diminue, jusqu'à de 50 % au-delà de huit. Il semble que les membres d’un groupe se reposent sur les efforts des autres, d’où l’émergence du principe de "Paresse Sociale". Cet effet conduit à une diminution de la productivité dans une organisation. Cette paresse sociale s’installe dans un environnement où la confiance est insuffisante, voire absente. Si les collaborateurs sentent que l’on ne croit pas eux, ils auront tendance à se désinvestir de leur entreprise. Une sorte de démission active : on ne contrarie pas son chef, on accuse plutôt son collègue ; on cherche des moyens de survivre, on accepte la triche, la flagornerie et pourquoi pas l’escamotage.

Un truc de pro

Cet effet Ringelmann est connu des sportifs plus particulièrement des rameurs olympiques. Plus vous êtes nombreux sur un skiff plus certains auront tendance à se reposer sur les autres. Le rôle de l’entraîneur est alors de coordonner les efforts de chacun avec habilité pour sortir de la malédiction. Maintenant, le transfert dans le monde du travail est toujours possible, il faudra éviter l’injonction "Allez les gars, on tire tous à la même corde" et y mettre un peu plus de jugeote.

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