Nicolas Dousse

DOCTORANT EN MICROTECHNIQUE À L'EPFL

Nicolas Dousse est actuellement en Doctorat à l'EPFL dans la section de Microtechnique. Il travaille sur des techniques d'évitement de collisions pour des véhicules personnels aériens (des hélicoptères automatisés avec passagers). Il est actif au sein du Laboratoire des systèmes intelligents. Nicolas est également membre de l'association Drone Adventures qui tend à promouvoir l'usage civile des drones.

Auparavant, il a effectué un Master en Aéronautique à Toulouse à l'ISAE, l'Institut Supérieure de l'Aéronautique et de l'Espace, où il a pu profiter d'un enseignement mixte, entre des professeurs et des ingénieurs d'Airbus, lui donnant un sens plus pratique de l'ingénierie aéronautique.

Nicolas est titulaire d'une licence de pilote d'avion privé avec environ 140 heures de vol à son actif. Il pratique également le parachutisme ayant environ 70 sauts à son actif.

Le développement durable s’invite dans l’espace

Mardi 10 septembre, Swiss Space Systems (S3) basée à Payerne a annoncé un partenariat de 15 millions de francs avec l’EPFL au vu de lancer un satellite nommé CleanSpace One.

Le but de ce projet est de lancer en 2018 CleanSpace One permettant d’attraper un autre satellite suisse, SwissCube afin de le désorbiter et de le désintégrer lors de sa rentrée dans l’atmosphère.

Au-delà du défi technologique, ce projet soulève une réalité méconnue : l’Homme a réussi à faire de l’espace une gigantesque poubelle. Le problème consiste en dizaines de milliers de restes de satellites et autres déchets dérivant de manière incontrôlée à plus de 28'000 km/h autour de notre planète.

A la fin de son utilisation, un satellite se désorbite en ‘’freinant’’ gentiment jusqu’au point de se consumer lors de son entrée dans l’atmosphère. Lors de la conception d’un satellite, il doit être démontré que cette procédure prendra au maximum 10 ans. Dix ans pendant lesquels ce satellite peut entrer en collision avec n’importe quel autre objet (satellite ou déchet), créant ainsi de nombreux nouveaux débris dont la trajectoire devient aléatoire. A l’heure actuelle, ces collisions sont déjà responsables de la création de la majorité des nouveaux débris. Une réaction en chaîne pourrait à terme être catastrophique pour tous les objets spatiaux.

Ces déchets sont dangereux pour l’ISS, la Station Spatiale Internationale, ses astronautes et tous les satellites en fonction (système GPS, de télévision, de télécommunication, etc.). A ces vitesses, un débris d’un centimètre pourrait déjà trouer l’ISS et un déchet de 100 grammes serait mortel en cas d’impact avec le compartiment des astronautes. Sachant que la masse des satellites peut varier de quelques kilogrammes (minorité) jusqu’à plusieurs tonnes (majorité), il est évident que la taille critique est rapidement atteinte pour un grand nombre de débris.

Ces débris font dire au PDG de Swiss Space System, Pascal Jaussi: "Si nous n’empoignons pas le problème des déchets orbitaux et de leur multiplication, c’est l’accès à l ‘espace pour les futures générations qui pourrait être compromis."

Il existe d’autres méthodes pour nettoyer l’espace. En plus de la technique de rendez-vous de CleanSpace One, la communauté scientifique étudie le désorbitage par impulsion laser envoyé du sol ou en orbite.

Gageons que la communauté spatiale, à l’initiative de Swiss Space Systems, traite les déchets spatiaux mieux que ce qu’il se fait actuellement avec le traitement des déchets terrestres.

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