<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Le come-back de Logitech

En Suisse, l’échec marque aussi sûrement qu’un fer rouge et nous pardonnons rarement à celui qui a failli. Les médias jouent un rôle schizophrène dans cette affaire.

D’un côté, les journalistes critiquent souvent la mentalité suisse réputée dépouillée d’élan affectif  vers ceux qui prennent des risques. De l’autre, nous nous montrons très suspicieux lorsqu’un individu au parcours cabossé tente de se remettre en selle. 

Pourtant, les perceptions évoluent petit à petit et pas seulement dans les médias. Des personnalités dans tous les domaines démontrent qu’un moment difficile dans leur parcours professionnel n’hypothèque pas obligatoirement la poursuite d’une belle carrière par la suite.

La raison? Le monde du travail n’a plus rien de linéaire en 2013. Un échec, nous en connaîtrons tous un jour. L’envie d’aider celui qui trébuche joue comme un effet miroir. Car qui nous tendra la main quand cela tournera mal pour nous? 

Un cercle vertueux peut s’enclencher. L’important est ce que nous faisons de l’échec. En Suisse, nous n’en sommes pas encore à louer ceux qui ont fait faillite comme dans la Silicon Valley mais, au moins, nous aimons les come-back.

Comme entreprise, Logitech pourrait bien incarner ce renouveau. La plus californienne des firmes romandes commence doucement à se relever après un passage en enfer. Notre enquête tend à le prouver. Logitech va-t-elle pour autant renouer avec le succès d’antan? Au moins, ses dirigeants ont mis toutes les chances de leur côté. Mais le temps, seul, dira si la magie va opérer.

Car si nous sommes toujours fascinés par le côté «success story», c’est que les chemins vers le succès ne se trouvent jamais très éloignés de ceux qui ont mené aux pires désastres. Il suffit de pas grand-chose  pour se décider à emprunter  l’un ou l’autre. Si la Google TV avait fonctionné comme espéré, Logitech aurait évité un flirt avec le gouffre. 

Cette aventure doit servir d’exemple à ceux dont l’industrie connaît des convulsions. L’informatique est une vallée peuplée de cadavres. Cela pourrait bien devenir le lot de bien d’autres secteurs car les cycles de vie des entreprises s’avèrent toujours plus abrupts. Au moins l’époque se montrera toujours plus clémente pour les audacieux et l’échec se verra bientôt apprécié à sa juste valeur. 

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