<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

Le client chinois est roi

C'est la première fois que les Chinois fêtent Noël en même temps que nous.

Ces derniers sauvent en effet à eux seuls les ventes de fin d'année des entreprises de luxe. Que ce soit sur la rue du Rhône, la Bahnhofstrasse mais aussi sur Bond Street à Londres ou à la place Vendôme à Paris, ce sont les touristes chinois qui ont permis de mettre fin en beauté à une année 2009 catastrophique. Sans parler des ventes réalisées dans le pays même. «Mon premier client est Chinois», résument ainsi plusieurs patrons d'entreprises horlogères rencontrés au SIHH. Que ce soit les ventes sur place, celles réalisées dans d'autres points du monde à des clients de l'Empire du Milieu, la Chine revient toujours en tête. La révolution est patente et le moment historique. En toile de fond, le constat macroéconomique. Pour la première fois de l'histoire récente, l'économie américaine ne donne pas la mesure pour le reste du globe. C'est bel et bien la Chine qui a lancé la reprise mondiale alors que les pays de l'Ancien-Monde peinent à suivre. C'est un constat en Suisse aussi. Guido Zumbühl, le CEO de Bucherer, remarque que ces touristes chinois qui font le bonheur des boutiques de luxe n'étaient tout simplement pas là il y a trois ans. La loi des grands nombres va continuer à leur donner raison. A l'horizon 2020, il est prévu que la Chine compte 300 millions de personnes dont les revenus leur permettront de s'acheter une montre de luxe. L'équivalent de toute la population des Etats-Unis. Juan-Carlos Torres, le patron de Vacheron Constantin et l'un des sages de l'industrie, a alors raison de tirer la sonnette d'alarme. Certaines marques pourraient rapidement augmenter leur nombre de boutiques dans la zone d'influence chinoise pour vendre plus, avec le risque d'ici à quelques années de voir tout simplement l'entier de leur production s'écouler derrière la Grande Muraille. Un hoquet dans la croissance chinoise, alors même que le World Economic Forum pointe cette économie en surchauffe comme le risque systémique majeur du moment, un embargo contre la Suisse pour quelque raison que ce soit ou une hausse massive des taxes sur les produits de luxe aurait alors des conséquences dramatiques. La solution? Ne pas tout donner au client roi chinois et continuer de travailler avec les autres pays, certes moins sexy mais plus stables sur le long terme.

À nos lecteurs Les créatifs romands à la rescousse du pays Ils ont répondu comme un seul homme à notre appel: pouvez-vous créer une campagne de pub pour vendre l'image de la Suisse à l'étranger? Sous la houlette d'Olivier Girard, de M&C Saatchi, cinq agences ont planché pour nous. Voyez le résultat dans le dossier de Mary Vakaridis et Fabrice Delaye en page 38 et appréciez aussi la cover de ce numéro signée Marc Ninghetto sur une idée de notre directeur artistique, Pierre Broquet.

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