Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

Le changement d’heure n’est pas source de nouvelle lumière (en immobilier du moins)!

Malgré ce que tous les politiciens s’enorgueillissent de clamer, les cartons de déménagement peuvent rester à la cave.

Les normes phoniques et énergétiques accrues grâce à nos technocrates rendent très coûteux d’aménager les combles en logements, ou de surélever un bâtiment. Mais les loyers futurs sont plafonnés et contrôlés, quels que soient les coûts de construction. Ce qui n’incite pas les propriétaires à effectuer ces travaux. Et la Ville vient d’annoncer une explosion des coûts de location du domaine public lors de travaux.

Comme le précise un confrère dans l’article, le loyer pour un bureau au centre ville est rejoint par celui fixé par la Ville pour la location d’un espace en plein air. Pour mémoire, les loyers des logements créés dans les combles ou dans les surélévations doivent répondre aux besoins prépondérants de la population. Il serait donc plus juste que la Ville participe à cet effort social et offre la location du domaine public pendant un certain temps. Mais ne rêvons pas !

Antonio Hodgers se réjouit dans le journal Tout l’Immobilier de cette semaine des surélévations à Genève. Bouffonnerie ! Car, en plis des facteurs énoncés ci-dessus, les oppositions des voisins, de la Ville même ou des associations de la « sauvegarde » du Patrimoine veillent au grain.

Si on ne construit plus en ville, il reste la zone de développement, surtout dans les grands projets qui se situent tous en zone agricole. Mais la loi prévoit minimum 50% de logement locatifs sociaux. En gagnant plus de CHF 60'000.- par an, ces logements resteront dans le domaine du rêve.

Une clé savante lie le coût de construction, le loyer futur et le revenu déterminant pour occuper un tel logement. Comme le prix du terrain est très faible en zone agricole, il faut gagner moins que le salaire moyen de l’Office Cantonal de la Statistique pour accéder à un tel logement.

Au centre ville, les loyers sont tels qu’ils sont destinés aux expatriés aux gros revenus. Même certaines caisses de pension publique, au bord de l’implosion financière, jouent à ce jeu.

Une acquisition ? Avec le resserrement des conditions d’octroi de prêt, cela devient utopique d’envisager de posséder ses quatre murs, même dans les régions où l’Etat contrôle les prix de vente.

Reste la France ! Mais avec les incertitudes politique et fiscale qui y règnent en permanence, quand ce n’est pas une dégradation des conditions successorales, mieux vaut ne pas y penser.

Alors, comme le disait un illustre citoyen genevois (pas propriétaire) : « Cultivons notre jardin ! ». On déménagera plus tard !

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