Le capital-risque change d’échelle

Pour la 6e année, la Suisse est le pays le plus innovant selon l’Indice mondial de l’innovation publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et les universités Cornell et Insead. Flatteur, ce classement est tempéré par le poids disproportionné de groupes comme Roche et Novartis. Les nombreuses start-up qu’a générées la Suisse peinaient à grandir, contrairement aux Etats-Unis où les dix plus grandes capitalisations boursières étaient des start-up il y a peu. C’est l’idée exprimée par le conseiller national Fathi Derder qu’il n’y a pas de Google suisse.

Parmi les causes identifiées de cette difficulté à croître, on a longtemps blâmé le manque de fonds de capital-risque. S’il est relativement facile pour nos start-up de trouver quelques centaines de milliers de francs pour leur amorçage, les entrepreneurs évoquaient ensuite une véritable traversée du désert.

L’année 2016 marque un tournant. Au premier semestre, les start-up suisses ont moissonné 489,6 millions de francs. Un chiffre qui approche en six mois le montant déjà record de 670 millions de toute l’année 2015 (lui-même en croissance de 50%). A elles seules, les start-up de l’écosystème de l’EPFL ont levé plus de 300 millions depuis le 1er janvier alors que le montant de toute l’année 2014 était de 220. Pour le pays, le milliard symbolique pourrait être atteint cette année, sachant que plus de 100 millions ont encore été investis cet été.

On assiste à un changement d’échelle. Il ne faut pas s’en contenter mais le consolider avec des mesures fiscales. Car, derrière, la concurrence s’intensifie avec l’entrée de pays comme la Chine dans le top 25 de l’innovation mondiale.

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