Khalfi Malik

CEO @ BE-CASH | WWW.BE-CASH.CH | SPEAKER @ M3K | WWW.M3K.CH

Après 8 années passées dans le domaine financier, Malik crée successivement plusieurs sociétés, dont la 1re franchise « adidas Originals » en Suisse. Depuis 2012, il conseille les entrepreneurs et les dirigeants d'entreprises, et intervient lors de conférences sur la thématique de l'entrepreneuriat www.m3k.ch

En 2013, il cofonde Be-Cash, dont il est le CEO, et vient révolutionner le marché des terminaux de paiement en proposant des terminaux à la vente dès 99.-. www.be-cash.ch

Le business plan: utile ou superflu?

Le plus pénible, quand on est sur le point de lancer un projet, c'est bien de mettre sur pied un business plan. Rien que d'y penser, les maux de tête apparaissent avec en perspective de longues nuits de travail. Il va falloir réunir un tas d'informations, les trier, les écrire, et pire encore, articuler des chiffres. L'euphorie d'une vie d'entrepreneur libre de toute contrainte est mise à mal...

Et pourtant, un business plan (ou « plan d'affaires » pour l'appellation francophone) n'est qu'un résumé ordonné d'informations présentes dans votre esprit. En gros, c'est retranscrire ses idées sur papier afin que le monde extérieur (banquiers, investisseurs, partenaires...etc) y accède.

L'autre raison d'être d'un business plan est de s'assurer qu'un maximum de points et d'hypothèses soient couverts avant de lancer son projet.

Quand écrire un business plan ?

Plusieurs situations le justifient. En tête de liste:

  1. Un financement: pour les banques et les investisseurs privés.

  2. Un projet interne ou un développement: pour les dirigeants d'une société.

  3. Une association: pour accueillir un nouvel associé.

  4. Un partenariat: pour démarcher de nouveaux partenaires commerciaux.

  5. Du sponsoring: pour un soutien financier ou matériel dans les domaines du sport et de l’événementiel.

  6. Du mécénat & de la philanthropie: pour un soutien financier sans contrepartie directe.

  7. Pour soi-même...

Quelques conseils pour l'aspect rédactionnel

Le conseil à suivre est de rester factuel, accessible et intéressant ! Voici un bon guide contenant tous les détails nécessaires: Blog de Guilhem Bertholet.
On peut ajouter à cela les principes de bases décrits dans l'article « Entrepreneurs : maîtrisez l'art de communiquer ». En effet, il est primordial d'adapter son message, qu'il soit verbal ou écrit, en fonction de son auditoire.

Prenons l'exemple d'une fondation oeuvrant pour la sauvegarde des animaux, à la recherche de fonds servant à garantir la pérennité de leur bienfaisance. En démarchant un mécène, l'approche et le message se voudront centrés sur l'émotionnel (images, vidéos, visite du site et des animaux...etc), avec pour objectif l'obtention d'un don. A l'inverse, lorsque cette même fondation sollicitera des partenaires, il sera plus judicieux de requérir un don en biens ou en services (nourritures, matériels, main-d'oeuvre) en lien direct avec leurs activités. En somme, bien que l'objectif global soit identique (assurer la pérennité de l'association), il sera stratégique et recommandé de présenter deux contenus différents.

Personne ne lit un business plan

En dépit des précédents conseils et de tous les efforts consentis, personne ne lit « vraiment » un business plan. Tout au plus, votre entourage le parcourt par politesse, éloges à la clé, tandis que les autres ne le feuillettent que légèrement: l'Executive Summary est caressé du regard, les illustrations trouvent preneurs, et passons vite à l'essentiel, LES CHIFFRES...! Des mois de préparation, le tout expédié en 2 minutes et 30 secondes. Vous auriez presque pu vous économiser tout ce travail en fournissant :

  • une page A4 résumant votre projet;

  • quelques illustrations;

  • et un tableau excel résumant les chiffres clé.

 Cela aurait fait l'affaire... (Mal)Heureusement, c'est sans compter sur deux aspects important que sont :

  1. L'aspect psychologique : votre interlocuteur se sentira rassuré de recevoir un dossier complet, c'est plus « professionnel » ! Attention tout de même aux extrêmes. Le gavage (un pavé de 100 pages), et le minimalisme (4 pages) sont fortement déconseillés. La forme la plus appropriée tient en une vingtaine de pages (sauf cas exceptionnel, auquel cas un plan d'affaires plus détaillé serait tenu à disposition).

  2. L'aspect préparation / maîtrise du sujet: ayant consacré du temps et de l'énergie aux recherches et à la rédaction de votre business plan, vous en maîtrisez le contenu. Vous êtes donc à même de présenter votre projet en totale confiance tout en étant réactif et pertinent durant les moments d’interactions.

La durée de vie d'un business plan

Un business plan ne meurt jamais ! Il évolue au gré du temps et se garnit tout au long de la vie d'une entreprise ou d'un projet. Il permet entre autres de confronter la théorie (les hypothèses) à la pratique (le résultat). Faire évoluer son business plan c'est :

  • S'assurer un suivi minutieux des projets à court, moyen et long terme;

  • Savoir être réactif quand une opportunité se présente;

  • Donner accès à l'orientation stratégique de son entreprise aux cadres dirigeants.

Alors, utile ou superflu ? Tout dépendra de l'énergie et de l'implication investies dans l'exercice que représente la rédaction d'un business plan. Inutile d'en faire votre livre de chevet, mais une mise à jour semestrielle est vivement recommandée.

 

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