Andreas Ruhlmann

PREMIUM CLIENT MANAGER À IG BANK

Andreas Ruhlmann, diplômé de la John Molson School of Business à Montréal et détenteur du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), a évolué plus de 10 ans au cœur des salles de marchés de Saxo Bank et de la Banque Nationale du Canada. Il rejoint IG Bank en février 2014 afin de mettre son expérience au profit des clients Premium de la banque.

Spécialiste du marché des devises, des actions et en analyse technique, Andreas développe également de nombreuses formations sur les stratégies de trading, l’analyse graphique, la gestion de risque et la psychologie du trader. Découvrez les formations sur ig.com

Les opinions exprimés dans ce Blog sont celles de Andreas Ruhlmann et non de son employeur.

Le Brexit fait l'effet d'une bombe sur les marchés financiers

Les bookmakers ne donnaient pas plus de 20% de chances au Brexit. Les marchés tablaient également sur une victoire du « maintien » avec une ruée à sens unique vers les actifs à risque le jour même du vote. Même les partisans de la sortie, n’y croyaient plus en début de soirée. 

Bref, la surprise est totale, ce qui amplifie davantage les mouvements de marchés. Le SMI à ouvert en baisse de 6.25%, le DAX à -10% , le Cable à -12%, UBS et Credit Suisse à - 13%, tandis que l'Or à pris + 8%. Les marchés resteront extrêmement volatiles aujourd’hui alors qu'iles subissent des dislocations de liquidités avec des appels de marges, des ventes paniques ou encore des recherches de valeurs refuges.

Le Royaume-Uni va entrer dans une procédure de deux ans avec l'UE  et tenter de négocier les conditions de sortie au mieux possible. L'UE, par contre, ne rendra pas la tâche facile, afin de dissuader d'autres sortants potentiels. Les accords bilatéraux entre la Suisse et l'UE ont pris 10 ans à se mettre en place. Le niveau d'incertitude devrait donc rester élevé pendant quelques temps. 

Pour la Suisse, l’impact se fait sentir sur le marché des devises. Le GBP/CHF a chuté de 8% durant la nuit. Plus important, l’EUR/CHF a touché un nouveau plus bas depuis août 2015 à 1.0620, avant de fortement rebondir et finir quasiment inchangé par rapport à la nuit précedente. L’USD/CHF s’est en revanche apprécié. En effet, les Etats-Unis, qui représentent l’économie la plus stable et la moins impactée par l’évènement, a vu des afflux de capitaux importants. 

L’effet atténué sur le EUR/CHF comparé à l’EUR/USD ou encore l’EUR/JPY porte à croire que la BNS intervient massivement afin de stabiliser la paire. On est loin des mouvements observés lors de l’abandon du taux plancher le fameux 15 Janvier. La question est, combien de temps la BNS va pouvoir tenir son rang de sauveur. L’intervention par l’achat direct de monnaie étrangère est le seul outil à disposition de la banque centrale Suisse, et ses réserves étrangères sont déjà à un niveau record. Une baisse de taux supplémentaire s’avèrerait inefficace dans ce contexte où les marchés sont focalisés sur la sécurité plutôt qu’à la recherche de rendements. Par ailleurs, les rendements sont également faibles partout dans le monde.

Les banques suisse semblent les plus touchées. En effet ces dernières génèrent la majorité des revenues en monnaie étrangère, alors que leur structure de coût est principalement en franc. De plus les deux géants Credit Suisse et UBS s’étaient montrés particulièrement vulnérable à la volatilité des marchés en début d’année. Finalement, la politique de taux bas appliquée dans le monde risque encore de se prolonger, ce qui n’est pas de bon augure pour les banques en général.

Adecco, qui tire près de 50% de ses revenues d’Europe et du Royaume-Uni, est également l’un des principaux perdants. Les exportateurs devraient aussi souffrir d’une demande plus faible provenant de l’Europe. Les exports suisses étaient sur la pente descendante ces 3 derniers mois resteront probablement sous pression sur les mois à venir.

Pour le moment, il est difficile d’évaluer les effets à long terme, car nous sommes en terrain inconnu. Ce qui est sûr, c’est que ce vote démontre le mécontentement d'un peuple par rapport à l'UE, par rapport à son gouvernement et surtout par rapport au statu quo. Espérons que le Royaume-Uni, l’UE et le monde saura en tirer parti, car ce n’est pas un phénomène unique. La tendance se développe dans de nombreuses autres pays, y compris les États-Unis avec la popularité croissante de Donald Trump. L’élection présidentielle américaine sera probablement le prochain évènement à observer de près.

 

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