Marmierpascal

DIRECTEUR DE SWISSNEX CHINA

Après avoir passé plus de 10 ans à Boston, Pascal Marmier a récemment rejoint un autre réseau swissnex, celui de Chine basé à Shanghai. Passionné de science et d'innovation, il travaille avec son équipe à promouvoir l’excellence de la Suisse dans ces domaines, renforcer les liens académiques en Chine et créer une communauté d’innovateurs et d’entrepreneurs. Gradué de l’Université de Lausanne, Pascal a aussi suivi une formation postgrade à Boston University et obtenu un MBA de MIT. En plus de chercher les meilleurs talents en science et technologie, il essaie aussi de trouver les meilleurs endroits pour courir dans une ville à forte densité de population.

Le boom de la philanthropie en Chine

Phénomène récent en Chine, la philanthropie croît rapidement et se professionalise. Une récente étude menée par un jeune Suisse que nous avons accueilli à swissnex donne un excellent aperçu des règles en vigueur, des types d’organisations impliquées et des développements futurs. Avec une économie basée encore en partie sur le cash et le système du “shadow banking”, la Chine fait de gros efforts pour que la gouvernance des fondations et autres organisations caritatives soit efficace, claire, et maximise l’impact des donateurs. Y-a-t-il un rôle à jouer pour la Suisse et sa longue tradition dans le domaine?

Les donations annuelles s’élèvent à plus de 12 milliards de francs (croissance x 6 en moins de 10 ans), alors que le nombre d’organisations “sociales” et privées explose (plus de 500 000). Derrière les chiffres, il y a aussi les difficultés inhérentes à un secteur qui démarre. Les fonds restent assez rares et concentrés dans quelques domaines. Le cadre juridique est encore ambigu. Le rôle du gouvernement est très fort car il est bénéficiaire d’un haut niveau de donations.

Une innovation intéressante (relevée par le commanditaire de l’étude) est l’index de transparence mis en place par les autorités de surveillance. Cet outil accessible sur internet crée un classement des meilleures fondations en fonction de la qualité de leur reporting sur une cinquantaine d’indicateurs (informations sur les fondateurs, finances). La Suisse ne disposant pas encore d’un site comparable, cela pourrait être intéressant de s’en inspirer.

Pour ce qui est de la collaboration Suisse - Chine dans le domaine, l’auteur suggère de développer plus d’échanges, notamment dans le domaine de la gestion des fondations: gouvernance, surveillance, financement. Etant donné que le système chinois est en pleine réforme, des experts de chaque pays auraient effectivement beaucoup à échanger.

Au-delà de ces aspects “macro”, on observe un grand intérêt pour du soutien au niveau du management des organisations à but caritatif. Pourquoi dès lors ne pas organiser des échanges entre CEOs ou membres de conseil? Le besoin de professionalisation grandit également. Dans ce cadre-là, des jeunes en formation commerciale pourraient venir partager, ici en Chine, leur expérience de gestion dans des petites structures. Enfin, il y a un vrai besoin entrepreneurial: certains professionnels pourraient venir coacher les “social entrepreneurs” qui sont confrontés aux problèmes de société ici.

L’étude complète est disponible en ligne.

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