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EXECUTIVE DIRECTOR CHEZ SYMBIOTICS ET VICE-PRÉSIDENT DE SUSTAINABLE FINANCE GENEVA

Titulaire d’un master en relations internationales de l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève et d’un certificat de formation continue en gestion quantitative de portefeuilles de l’Université de Genève, Fabio Sofia a démarré sa carrière auprès de Lombard Odier à Genève dans la gestion de projets pour le département des produits, puis a rejoint la section politique pour les droits humains au Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne. Depuis 2004, il travaille pour Symbiotics SA, une société leader en investissement d’impact dans les pays émergents, spécialisée dans le financement d’institutions de microfinance. Il a été successivement analyste d’investissement, responsable régional pour l’Amérique Latine, client relationship manager et aujourd’hui head of business development et membre du comité exécutif de Symbiotics. Depuis 2012, il siège également au comité exécutif du "Sustainable Finance Geneva" en tant que vice-président, une organisation à but non-lucratif qui promeut la finance responsable et durable en Suisse.

Le blues du gestionnaire

Pas facile d’être gestionnaire par les temps qui courent. Entre l’absence de visibilité des marchés traditionnels et le resserrement de la régulation financière, les gérants tirent la langue. La performance est souvent chaotique (d’accord, le cours des actions atteint à nouveau des sommets, mais les portefeuilles des investisseurs en ont-ils pleinement profité pour autant ?) et les thématiques traditionnelles peinent à convaincre.

Ce n’est donc pas un hasard si la finance durable intéresse de plus en plus. Car qui dit durabilité dit généralement vision (de long terme, bien entendu), rendement et éthique. Bref, le moment est venu de rompre avec le court-termisme ambiant nuisible, pour le bien de l’économie réelle et la planète.

Difficile pourtant de donner des chiffres précis sur la taille du marché de la finance durable. Sont pris en compte dans les différentes études uniquement les investissements étiquetés « sociaux responsables » (ISR). Mais les nombreux gestionnaires qui intègrent de fait ces paramètres dans leurs stratégies, sans pour autant se déclarer ISR, ne sont pas comptabilisés.

Eurosif, le Forum Européen pour l’Investissement Durable, s’essaie pourtant à chiffrer cette industrie depuis 10 ans maintenant. Dans l’édition 2010, dont les résultats ont été présentés dans une conférence organisée à Genève par Sustainable Finance Geneva, un montant de 5'000 milliards d’euros était avancé pour l’Europe uniquement.

Intéressante est l’apparition soudaine de l’impact investing dans le rapport 2012. Ce thème entre à part entière dans la grande famille ISR et se voit consacrer un chapitre entier. Une vraie reconnaissance ! Ce terme neuf décrit tout investissement commercial qui proactivement cherche un impact positif sur la société ou l’environnement. En font partie la microfinance (principalement dans les pays émergents) et les investissements dans la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, ou encore les énergies vertes.

JP Morgan et le GIIN (Global Impact Investing Network) se sont aussi associés pour communiquer sur le domaine et sur ses perspectives. Selon 99 organisations financières questionnées, plus de 8 milliards de dollars ont été engagés dans l’investissement d’impact rien qu’en 2012, et plus de 9 milliards de dollars sont attendus pour 2013. Ce n’est pas un hasard si cette thématique fait autant parler d’elle: développement et rendements sont au rendez-vous. De quoi redonner le sourire aux gestionnaires.

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