Jacques Lemoisson Lastone

HEAD GLOBAL MACRO & ALTERNATIVE INVESTMENT CHEZ CBH BANK

Jacques Lemoisson a pris ses fonctions au sein de la Compagnie Bancaire Helvétique depuis septembre 2018. Il a acquis une expérience internationale sur les marchés des actions auprès de la banque d’investissement JP Morgan à Londres et Paris, puis une expertise dans la banque privée et la gestion d’actifs chez Lombard Odier, puis chez Banque Cramer au poste de CIO à Genève. Tout au long de sa carrière, Jacques Lemoisson a développé une expertise en géopolitique, ainsi que dans les Fintech et le Blockchain. Ce banquier est diplômé de l’ESTACA (Ecole d’Ingénieur Aéronautique).

Le 666, le High Yield et le bitcoin

Sommes-nous à l’aube d’une correction de marchés? Sur la semaine, l’indice DOW Jones a perdu en effet 666 points. Le chiffre 6 résonne de manière particulière. Le premier mot du livre de la Genèse « au commencement » s’écrit en hebreux « bara chit », c'est-à-dire « il a créé six ». Selon la Bible et le Coran, le monde a été créé en 6 jours et l’homme, qui a été créé le sixième jour (dans la Genèse), doit travailler 6 jours (666). Il fait également partie de rares nombres parfaits (il est égal à la somme de ses diviseurs.)

Nous le retrouvons avec Pythagore et les Babyloniens. Pour revenir à la finance, le S&P500 a rebondi en 2009 sur 666 points. Si la numérologie peut être intéressante, les marchés devraient se focaliser sur le High Yield. La divergence entre le S&P500 et le High Yield est importante alors que les deux sont considérés comme des actifs risqués.

Les destructions de parts (rédemption) d’ETFs sur les indices High Yield s’accélèrent depuis une semaine. Enfin, la corrélation entre le VIX (l’indice de volatilité du S&P500) et celle du bitcoin s’avère intéressante. Le bitcoin et le ripple pourraient rebondir sur des supports techniques. Le bitcoin pourrait ainsi trouver un support dans­ la zone 8200/7900$.

Vendredi après-midi, les rebonds des cryptodevises se sont conjugués à l’accélération haussière du VIX et à la chute des marchés.

Le VIX a dépassé les 17. S’il est intéressant de prendre du risque, la « cash extraction » ou l’achat de « put spread » permet d’intégrer dans l’investissement les hausses souvent intempestives de la volatilité.

In fine, toutes les classes d’actifs ont baissé vendredi, la corrélation tendant vers 1. Ceci n’est pas sans rappeler la crise de 2008. Pour le moment, il n’y a pas de signaux notables alimentant une telle crainte.

La question cruciale est : jusqu’où ira la complaisance des marchés. Pour le moment, la croissance économique est synchronisée. Les banques centrales ne vont pas se presser pour retirer la liquidité déversée dans les marchés. Et là, il faut revenir sur le second risque de 2018 avec la hausse importante de la volatilité, l’inflation. Donc, la circonspection s’impose pour les prochains jours afin de ne pas subir un nouveau « Buy the Dip ». Le potentiel de baisse est colossal. Il sera toujours temps d’agir.

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."