Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LAUSANNE/Les dixièmes Puces du design se déroulent à Beaulieu

Crédits: Site de Les Puces du design

J'ai failli les manquer. Sans une minuscule banderole à Genève-Plainpalais, les Puces du design ne m'auraient pas donné de démangeaisons. Pour tout dire, je pensais le salon enterré. L'édition 2017, organisée après la démolition des halles de la gare de Morges qui les ont longtemps accueillie (un affreux immeuble pousse aujourd'hui à la place), avait été un réussite au Palais de Beaulieu lausannois. Il faut dire que la halle années 1950 leur servant de cadre (difficile de parler d'écrin avec du béton!) s'accordait avec du mobilier et des objets «vintage». 

C'est le même espace qui abrite aujourd'hui la dixième version des Puces. Si vous cherchez, c'est sur la droite du bâtiment principal, reconnaissable à son ouvrier et à la paysanne aux allures de kolkhozienne. Elles ne dépareraient pas un édifice stalinien. Vous payez vite écot à l'entrée et vous vous promenez. Il y a une soixantaine d'exposants (plus de 80 selon le site des Puces du design) proposant un peu de tout, d'anciennes lunettes de soleil à des sacs à main en lézard en passant par de vieux projecteurs. Le gros de la troupe reste cependant formé de meubles volontiers scandinaves. On ne compte plus les enfilades en teck. Il y en a heureusement une en palissandre de Rio de 3 mètres 20 de large pour faire diversion. N'empêche que ce mobilier qui m'ennuyait déjà à l'époque ne me séduit guère davantage aujourd'hui. Trop propre. Trop sage. Trop net.

Une certaine uniformité 

D'une manière générale ces Puces dégagent du coup une certaine uniformité, cette mère de l'ennui. Il y a bien quelques jolis stands, dont celui de Gabinetto de Genève et celui, volontairement bordélique, du Lausannois Johannes Lometto. Mais, la plupart du temps, le visiteur distingue d'autant plus mal un éventaire du suivant qu'aucun d'eux quasiment n'affiche le nom de son propriétaire. Il se murmure dans les allées (larges comme des autoroutes cette année) qu'il a fallu admettre un peu tout le monde, faute de candidatures solides. Il n'y aurait pas eu assez de choix. On ne se fait pas de cadeaux entre marchands. Cela dit, on le pourrait. Les quelques prix que j'ai vus auraient fait dire à ma grand'mère: «ce n'est pas donné.» 

Quelques voitures anciennes ponctuent le parcours. Une diversion bienvenue. Il y a un semi remorque turquoise et un véhicule amphibie de la même couleur. J'ai préféré la Chevrolet jaune de 1956 avec des enjoliveurs chromés en forme de fusées. Elle apparaît d'un jaune somptueux après avoir été rouge dans le passé. Son propriétaire se révèle parfaitement assorti. «Pompadour» gominée. On se veut «vintage» ou on ne se le veut pas!

Pratique 

«Les Puces du design», Palais de Beaulieu, 10, avenue Bergières à Lausanne. Site www.pucesdudesign.ch Ouvert samedi 5 jusqu'à 19h, dimanche de 10 à 17h.

Photo (Site des Puces du Design): Quelques visiteurs de l'édition 2017.

Texte intercalaire.

 

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