Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LAUSANNE/Le MCB-A publie son rapport 2017. Tout roule pour le musée!

Crédits: 24 Heures

Le Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne (MCB-a pour les amis) vient de publier son bulletin 2017. Entendons-nous bien. Il s'agit là d'un vrai rapport d'activités et non pas un fanzine de luxe, comme le journal qu'édite Sylvie Tréglia-Détraz pour les Musées d'art et d'histoire de Genève. Autant dire qu'on y trouve des faits et des chiffres. Une bonne chose quand on sait l'institution reste close pour le moment. Le déménagement est pour 2019. Aux dernières nouvelles, le chantier de Plateforme10 restait dans les temps, et donc logiquement dans le budget. 

La brochure raconte d'abord les expositions et leur réception. Ai Weiwei a beaucoup compté en 2017-2018. Sur les 122 860 visiteurs, l'artiste chinois en a ramené 106 497. Il a reçu du coup le maximum de classes scolaires et de visites guidées. 2017 a été une bonne cuvée pour les acquisitions. Soixante-quatre œuvres nouvelles, dont des achats. Contrairement à Genève, Lausanne dispose d'un crédit pour cela. Les emplettes doivent «faire sens», comme on dit aujourd'hui. Elles offrent donc souvent des liens avec le canton de Vaud. C'est le cas pour Alice Bailly avec une toile maîtresse de 1920, «Le concert dans le jardin». C'est aussi celui, dans des registres très différents, de Didier Rittener, d'Eugène Grasset ou de Julian Charrière. Il y a de nouveaux Vallotton dans le fonds, notamment grâce à Michel Vallotton. Là, il me semble que le MCB-a a fait le plein. Cela devrait bientôt suffire. Idem pour Steinlen.

Dons d'artistes 

Parmi les autres entrées, il faut saluer celle d'un portrait très étrange du Genevois Charles Giron, qui reste le plus méconnu des grands peintres suisses de la fin du XIXe siècle. Je rappelle le fastueux don contemporain d'Alice Pauli (William Kentridge, Anselm Kiefer, Giuseppe Penone, Pierre Soulages). Les artistes ont aussi donné. Je pense à Karim Noureldine ou à Silvie Defraoui. Je signale à ce propos que le Lausannois de portée internationale Philippe Decrauzat a offert une immense toile, avec je suppose plein de jeux optiques. J'ai toujours l'impression qu'il est financé par les marchands de lunettes. Lausanne s'est enfin offert deux vidéos de l'Israélienne Yael Bartana. Elles laisseront une trace de son exposition au MCB-a. Ces deux pièces-là ont au moins le mérite de rester courtes. 

A part cela, du côté médiation, restauration et bibliothèque, tout va bien merci. Joli bilan pour une institution ne comptant que 26 postes, et pas tous à temps complet.

Photo (24 Heures): Yael Bertana devant l'une de ses vidéos.

Texte intercalaire.

 

 

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