Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

LAUSANNE/Le Flon proposera son cinquième "Flon Art" ce week-end

Crédits: Site de Mobimo

Genève a ses Bains. Lausanne possède son Flon. Le Flon, vous savez ce que c'est. Il s'agit d'un quartier construit sur une rivière canalisée, dans une vallée de cette ville toute en montagnes russes. Il y a une trentaine d'années, le passant y trouvait des entrepôts. Il découvre aujourd'hui un univers aussi artificiel que peut l'être chez nous Carouge. Avec une différence de taille, cependant. Carouge est retapé en faux vieux. Le Flon joue du modernisme «high tech» entre deux bâtisses anciennes outrageusement réparées. C'est notre petit coin romand à l'ambiance américaine. On dirait d'ailleurs un décor de cinéma. 

Si je vous cause aujourd'hui du lieu, c'est parce que «Flon Art» y déroulera ses fastes (je ne me permettrais pas de dire ses flonflons) pour la cinquième fois les vendredi 27 et samedi 28 mai. Les espaces d'art et ateliers seront ouverts à tous. Le principe n'est pas le même que les «Nuit des Bains». D'abord, les choses se déroulent de jour. Il y a des visites guidées et de la musique en plus. Aux Bains, chacun vient pour soi, même si j'y ai déjà vu des groupes la veille. J'ai ainsi surpris un condisciple de classe, ex-ambassadeur, en train de cornaquer des internationaux.

Le lieu des années 1980

Il y aura ce week-end 22 ateliers et galeries au programme lausannois, plus six endroits à musique et performance, le tout avec beaucoup d'animations. La ville écraserait-ellel à nouveau Genève, dont les Bains se portent assez mal en ce moment? Pas vraiment. D'abord, côté galeries, les Vaudois ont raté le coche. «J'étais à Nyon», se souvient un marchand. «J'hésitais entre Lausanne et Genève, où je suis venu m'installer un peu par hasard.» La question se posait en effet à la fin des années 1980. Dans un quartier alors en friches, il y avait Patrick Roy et Alice Pauli à l'étage. Rachel Lehmann s'était installée sur un grand pied dans une ville où son ami Asher B. Edelman avait créé un somptueux musée privé d'art contemporain. Le reste du Flon était occupé par des sortes de solderies. 

Et puis, les rues se sont gentrifiées. Les immeubles ont été refaits de fond en comble. Les bistrots branchouillés ont fait des petits, de même que les boutiques. Les galeristes, eux, ont mis la clé sous le paillasson. Il reste des temps héroïques Alice Pauli. On peut maintenant ajouter Raynald Métraux, l'imprimeur de gravures, et Heinzer Reszler. Il y a donc les 27 et 28, en plus du fixe, pas mal d'installations éphémères.

Passions politiques

Le week-end se déroulera alors que le Flon suscite de nouvelles passions politiques. A l'heure où l'on aime la mobilité douce (notez qu'avec les bouchons, on avance aussi très lentement), il est question de lignes de tram et de bus reliant le quartier à Renens. Un bois plein d'arbres risque se voir sacrifié à ce que l'on eut jadis appelé le progrès. Les Verts montent donc au créneau. J'ai lu tout ça dans le «24 Heures» d'aujourd'hui mercredi.

Pratique

Tapez www.flon.ch pour davantage d'informations.

Photo (Mobimo): Le Flon en temps ordinaire.

Texte intercalaire.

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