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FONDATEUR DES EDITIONS ALPAGA

Editeur, journaliste indépendant et spécialiste en communication, Sébastien Ladermann est passionné de gastronomie et de voitures anciennes notamment. Deux thèmes qui l’inspirent au quotidien dans ses diverses activités, au point de nourrir une intense réflexion sur l’art de (bien) vivre et d'avoir consacré aux plus prestigieux chefs de cuisine lémaniques un ouvrage novateur (Portraits (intimistes) de chefs, paru aux Editions Alpaga) préfacé par F. Girardet, Ph. Rochat et G. Rabaey.

Lancia Fulvia Coupé Rallye 1600 HF Fanalone - Molto vivace!

Evoquer Lancia, c’est convoquer l’histoire de l’automobile de compétition. Jusqu’à récemment en effet, la marque détenait le record du plus grand nombre de victoires et de titres remportés en championnat du monde des rallyes. La Fulvia y a largement contribué.

L’exemplaire du jour - une rarissime Fanalone, 1298 exemplaires construits seulement - a connu les joies de la course de 1969 à 1976. Il s’agit en réalité d’une version compétition client (610 au total, dont beaucoup sont «tombées au champ d’honneur»), entièrement restaurée après 27 années d’immobilisation et hautement enviable aujourd’hui pour qui désire participer à des rallyes historiques.

L’âge vénérable du véhicule ainsi que son pedigree nécessitent quelques préliminaires. La pression des pneus contrôlée, on tourne la clé de contact pour activer la pompe à essence qui émet aussitôt un bruit caractéristique. On patiente quelques secondes puis on appuie fermement sur la même clé et le moteur émet un grognement sourd. Quelques coups de gaz rapides et le timbre s’éclaircit, gratifiant les oreilles de son pilote d’un jour de belles vocalises bien typées compétition.

Un impératif avant de déguster la belle italienne au sang chaud: laisser monter doucement la mécanique en température. La boîte - courte et inversée (1ère en bas à gauche), quelque peu imprécise et lente à froid - y incite, de même que le moteur vite étouffé par ses magnifiques et généreux carburateurs Solex 45. Au fur et à mesure de la progression de l’aiguille de température d’huile, la mécanique devient moins rugueuse, s'affine et son caractère rageur et vif peut alors se consommer sans modération.

Une fois le mode d’emploi assimilé, cette Fulvia s’avère être une redoutable machine à émotions, tant elle est vivante. Agile et léger, le châssis permet d’exploiter pleinement la puissance - 132 ch à 6600 tr/min, une véritable performance pour l’époque avec un 1600 cc - et d'enchaîner les courbes avec délice. La mécanique respire fort mais reste étonnamment exploitable. On s’attendait à un caractère plus pointu, moins généreux, eu égard au large recours à des pièces spécifiques (pistons compétition, carburateur plus gros, etc.).

Mais ne nous trompons pas sur la véritable vocation de l’engin: se frotter à de petites routes sinueuses, laisser son moteur grimper dans les tours et exprimer un bonheur (très) communicatif.

Il s’agit certes d’une voiture de connaisseurs, mais surtout d’une occasion unique pour qui recherche le parfum authentique de la compétition d’antan.

Voiture mise gracieusement à disposition par www.carugati.ch

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