Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

La Suisse intègre le commerce illégal dans le PIB

La polémique fait rage chez nos voisins. L’intégration du commerce illégal dans le calcul du produit intérieur brut (PIB) choque. En France, l’Insee (l’institut national de statistiques) refuse de suivre les nouvelles normes établies par Eurostat (l’organisme statistique européen) qui obligeront les membres de l’Union européenne à inclure dès le mois de septembre prochain la contribution des activités illicites dans la richesse nationale. Ces dernières regroupent la production et la consommation de stupéfiants, la prostitution, le piratage de logiciels, les jeux clandestins, le trafic de cigarettes, etc. 

Pour Eurostat, il s’agit surtout d’une question d’égalité de traitement. Aux Pays-Bas, la vente de certaines drogues est légale et donc comprise dans le PIB. Dans d’autres pays, comme la France, ce n’est pas le cas. C’est la même chose pour la prostitution: sa tolérance diffère entre le Nord et le Sud du Vieux-Continent. Or, la contribution de chaque membre au budget européen découle pour partie de la grosseur du PIB. 

Ce changement méthodologique permettra à plusieurs membres de l’Union européenne d’enregistrer une forte augmentation de la richesse nationale. Selon Eurostat, celle-ci augmentera de quelque 10% en Italie, entre 4% et 5% en Suède et en Finlande ainsi qu’entre 3% et 4% en Grande-Bretagne et en Autriche. De même, le taux de croissance progressera lui aussi. Par exemple, il pourrait s’envoler à 2,4% en Italie. Soit au moins deux fois plus que celui prévu par le gouvernement. 

De son côté, la Suisse n’a pas attendu les recommandations d’Eurostat pour agir. Depuis 2012, des estimations sur l’achat de biens et services provenant d’activités tels que le commerce de drogues et la prostitution (comme celle-ci est légale, elle est considérée comme une activité économique) ont été intégrées dans la consommation finale des ménages sur la base d’estimations. L’an dernier, la part de la prostitution représentait environ 0,5% du PIB, soit plus de 3 milliards de francs, alors que celle des stupéfiants avoisinait 0,2% du PIB, soit quelque 1,2 milliard de francs.

 

 

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