<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

La Suisse en question

Il y a quelques années , nous avions interviewé dans ces pages un ami de la Suisse.

Jacques Rummelhardt, alors ambassadeur de la France en Suisse, expliquait que nous avions «attendu dix-neuf ans pour rejoindre le GATT devenu OMC (...) dont le siège mondial se trouve à Genève, quarante-sept ans pour entrer dans les institutions de Bretton Woods, cinquante-sept ans pour compter parmi les Nations Unies qui, elles aussi, ont un siège important à Genève».

Et de conclure, alors que la rumeur enflait en cette année 2004 que l'UE se lassait des discussions avec les représentants de la Confédération, que notre résistance à faire partie des organisations internationales était historique.

Six ans plus tard , la question européenne ressurgit au moment où vient de se terminer une année atroce pour nos relations internationales. Plus largement, c'est d'abord la question de la Suisse dans le concert des nations qui interroge. Son incapacité à amener une valeur ajoutée positive telle que l'a été il y a bien longtemps, par exemple, la neutralité, qui permettait à des belligérants de se rencontrer ici pour discuter de la paix, fait cruellement défaut.

La vision utilitariste qui a orienté la vision de notre politique étrangère explique qu'aujourd'hui nous ne comptons pas assez d'amis avec qui nous entretenir. Les bilatérales ont symbolisé cette approche intéressée que nous entretenons de nos partenaires. Et, comme le dit Jean-Daniel Gerber du SECO (page 18), en prenant cette voie, «la Suisse risque de perdre sa souveraineté». Il ne s'agit pas d'être pro ou anti-européen par idéologie. La fronde qui se lève contre l'adhésion à l'UE a des partisans qui développent des arguments censés (lire l'article de Myret Zaki en page 40). Mais il s'agit de se poser la question de savoir si dans un monde globalisé s'entendre en tête à tête, Etat après Etat, fait du sens. La proposition de Stéphane Garelli (page 29), celle d'une Suisse qui fédère les «petits pays» au-dehors et dans l'UE, a belle allure, une grande pertinence même. Elle peut permettre d'engager le débat. Mais il en faut d'autres, de différents horizons.

Car ce qu'il manque aujourd'hui, finalement, ce sont de nouvelles approches. La Suisse ne compte pas assez d'intellectuels qui développent des concepts ou des boîtes à inventer des idées. Avenir Suisse avait été moqué à sa création comme le think tank des entreprises. Où sont les clubs de réflexion des syndicats et des partis moins favorables à l'économie qui permettraient d'engager une discussion fertile?

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