Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

La régulation du cannabis et ses limites

Le Colorado connaît la forme la plus extrême de fin de prohibition du cannabis. Des entreprises s’y créent et s’y développent au point que la marijuana légale est l’industrie américaine qui connaît la plus forte croissance. Plus d’un milliard de chiffre d’affaires dans l’Etat et cinq au niveau fédéral en 2015. 

Personne ne parle plus de légalisation. Le terme officiel est régulation. Même si le Colorado a choisi de développer un marché, celui-ci demeure encadré. Les entreprises de cannabis tracent chacune de leurs plantes. Et paient des taxes importantes. 

Sans conclure à l’innocuité complète de la marijuana, ou plus de la moitié des Américains sont acquis à sa régulation parce qu’elle fait moins de victimes que l’alcool et les cigarettes, que son trafic associé à la violence, sans parler des ventes d’armes. Pour autant, laisser la marijuana devenir une industrie ne va pas sans soulever des questions. 

Le but d’une entreprise étant de croître, celles de cannabis veulent séduire le plus grand nombre de consommateurs. Cela suppose un travail sur la qualité des produits et une meilleure information. Parce qu’elle veut conquérir le reste du pays, l’industrie du cannabis du Colorado se montre donc exemplaire. 

Reste que quand on constate l’intérêt croissant des investisseurs, on sent aussi venir une bulle. D’autant que c’est dans la manière de l’économie américaine: ruée vers l’or, éclatement de la bulle, puis consolidation du marché en oligopole. Les acteurs parlent déjà de «big pot» par analogie à «big oil». Or si cette industrie parvient à une échelle où elle peut se payer des lobbies, la régulation du cannabis dissoudra la logique qui la fonde.

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