Jacques Lemoisson Lastone

HEAD GLOBAL MACRO & ALTERNATIVE INVESTMENT CHEZ CBH BANK

Jacques Lemoisson a pris ses fonctions au sein de la Compagnie Bancaire Helvétique depuis septembre 2018. Il a acquis une expérience internationale sur les marchés des actions auprès de la banque d’investissement JP Morgan à Londres et Paris, puis une expertise dans la banque privée et la gestion d’actifs chez Lombard Odier, puis chez Banque Cramer au poste de CIO à Genève. Tout au long de sa carrière, Jacques Lemoisson a développé une expertise en géopolitique, ainsi que dans les Fintech et le Blockchain. Ce banquier est diplômé de l’ESTACA (Ecole d’Ingénieur Aéronautique).

La Politique Européenne digne de l'Eurovision?

 

 

Lors des précédents posts, j'ai souvent mentionné les risques de contagion politique du cas grec. Si lors du week-end de la Pentecôte, nous avons encore eu droit à une nouvelle partie de Bento avec la Grèce, les élections en Pologne et en Espagne confortent mon analyse d'une montée du populisme en Europe.

 

Alors que les européens ont encore perdu quelques points de QI avec l’Eurovision faisons donc notre tour Europe!

 

En troisième position, l’Espagne! 8 points!

Alors que les journaux avaient enterré trop vite Podemos sous des affaires de malversations, le peuple a encore mis les pendules à l’heure en élisant une responsable du mouvement d’extrême gauche à la tête de Barcelone. Ce fut le cas également de la mairie de Madrid, qui fut remportée par un membre d’un “parti antisystème”, Ciudadanos…

 

Le bipartisme espagnol a donc implosé...

 

Les élections législatives de cet automne vont être intéressantes, le peuple refusant le discours du trio dirigeant (politique, journaux et finance) comme dans bon nombre de pays.

 

Pour un investisseur américain, cette montée du « communisme » dans le sud de l’Europe risque de faire peur, arrivé à un certain stade…

 

  

 

Si vous croyez que ce phénomène n’est que l’apanage des pays du sud de l’Europe…

En seconde position, donc, la Pologne! 10 points! Ici, nous montons d’un cran. L’élection présidentielle fut plus que surprenante…

 

Varsovie était une île de stabilité dans un contexte de plus en plus volatile en Europe Centrale et de l’Est. Bronislaw Komorowski a concédée sa défaite dimanche et le nouveau président polonais s’appelle Andrzej Duda. C’est la première défaite du parti au pouvoir depuis 10 ans. Duda représente le parti « Loi et Justice »…Tout un programme.

 

Si son discours pourrait être plus ferme envers Moscou, il a condamné l’ouverture de l’ancienne présidence à l’Union Européenne.

 

Pragmatique, Poutine ne va pas voir d’un mauvais œil ce nouvel arrivant dans un pays clé, car voisin de la Biélorussie et pivot de l’OTAN dans la région.

 

  

 

Enfin, au premier rang, la Grèce ! 12 points !

 

Dans les Echos du 25 mai, les dernières propositions du gouvernement grec sont «assez loin» de ce qu’il faut pour assurer l’excédent budgétaire nécessaire cette année, estime Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international. Dans cette interview, il souligne que l’excédent budgétaire de 3% prévu pour cette année dans le programme d’assistance à Athènes est «probablement irréaliste pour des questions économiques et politiques».

 

Ceci fait écho aux déclarations ubuesques tout au long du long week-end de la Pentecôte. Les dernières déclarations des dirigeants de Syriza, qui réunissait samedi dernier son comité central, montrent cependant que l’heure n’est pas aux concessions. « La Grèce a fait ce qu’elle avait à faire, c’est maintenant au tour de l’Europe », a déclaré le Premier ministre, Aléxis Tsípras.

 

Angela Merkel et François Hollande avaient demandé à Aléxis Tsípras d’accélérer les réformes pour parvenir à la fin mai à un accord qui satisfasse aussi la BCE et le FMI. Dans une interview à la radio Deutschlandfunk, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a souligné dimanche dernier que la Grèce n’avait pas de marge de manœuvre et qu’elle devait compléter le programme économique en cours.

 

Le mot de la fin revient à Panayiotis Lafazanis, le président du parti de gauche a annoncé : « Une sortie de l’Euro ne serait pas une catastrophe », « le non-paiement de la tranche de 1.6Mds au FMI ne serait pas un acte terroriste »…

 

Cette semaine, nous avons eu encore la preuve que l'optimisme du gouvernement grec sur la possible signature d'un accord avec ses créanciers fut tempéré par le réalisme allemand.

Un accord peut toujour être trouvé afin que la Grèce ne fasse pas défaut le 5 juin et repousser les remboursements en fin du moi de juin. Mais, le mur de la dette est en juillet et une solution devra être trouvée. Si la BCE tenait un discours rassurant en estimant que les risques de contagion étaient minimes, elle vient de rentrer dans le rang après les alarmes lancées sur le sujet  par le patron de la Banque Centrale d'Italie, le responsable du Trésor Américain et la Responsable du FMI...

La première semaine de juin risque de laisser des traces dans les performances si les perspectives d'un défaut technique se précisent. Juste pour mémoire, l'ELA (fonds de liquidité d'urgence) a atteint 80MdsEUR pour soutenir les banques grecques...

 

 

 

 

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