Andreas Ruhlmann

PREMIUM CLIENT MANAGER À IG BANK

Andreas Ruhlmann, diplômé de la John Molson School of Business à Montréal et détenteur du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), a évolué plus de 10 ans au cœur des salles de marchés de Saxo Bank et de la Banque Nationale du Canada. Il rejoint IG Bank en février 2014 afin de mettre son expérience au profit des clients Premium de la banque.

Spécialiste du marché des devises, des actions et en analyse technique, Andreas développe également de nombreuses formations sur les stratégies de trading, l’analyse graphique, la gestion de risque et la psychologie du trader. Découvrez les formations sur ig.com

Les opinions exprimés dans ce Blog sont celles de Andreas Ruhlmann et non de son employeur.

La place financière suisse a son sort entre ses mains

Credit Suisse licencie 4000 personnes en plus des 6000 annoncées l'automne dernier. Les investisseurs ont vu l’action de la deuxième plus grande banque suisse baisser à son plus bas niveau historique, et ce n'est pas un cas isolé. UBS avait déjà réduit ses effectifs de façon spectaculaire au cours des dernières années, et l'ensemble du secteur fait face à une baisse drastique de la rentabilité.

Les banques suisses ont profité pendant des décennies d'un «avantage déloyal» : le secret bancaire, qui a fait de ce pays un des plus grands centres financiers au monde. Avec la fin abrupte de cette législation opportune, le secteur est confronté à plusieurs nouveaux défis.

La mise en place de l'échange automatique d'informations a accentué les coûts opérationnels et de réglementation. Les actifs sous gestion des banques privées sont aussi directement touchés, car les clients au préalable non-déclarés ont vu leurs avoirs en compte baisser de 30% à 50% d’un coup. 

En outre, les banques suisses souffrent de l'environnement macro-économique actuel. La force du Franc a entraîné une érosion des bénéfices car la plupart des clients viennent de l’étranger. Le taux d'intérêt négatif fait également pression sur le revenu net d'intérêts et les marges, qui ont atteint des nouveaux bas en 2015. Compte tenu de ces nombreux défis, il n'est pas étonnant que plus de 50 banques aient disparu depuis 2008. Clairement les règles du jeu ont changé, et l'ensemble du secteur ne gagne plus autant d’argent qu’avant.

« L'âge d'or » peut-il être restauré?

Bien que les Suisses soient connus pour leurs prouesses d'adaptation, les choses ne peuvent plus être comme avant, simplement parce que le secret bancaire appartient au passé. Cependant, la Suisse a tout de même les fondations pour que son secteur financier rebondisse. Sa stabilité politique et économique, les bonnes infrastructures et le niveau de vie élevé continueront d'attirer les actifs et les talents dans le pays. Elle possède également une longue tradition bancaire, un fort respect de la vie privée et abrite encore une part dominante de la richesse mondiale.

Il ne fait pourtant aucun doute que les banques ne pourront pas continuer à diriger leurs affaires de la même façon.  Elles vont devoir investir, innover, améliorer leur niveau de service. Afin de rivaliser avec les grands centres d'investissement comme Londres, New York ou Hong Kong, les gestionnaires d’actifs suisses également vont devoir obtenir des rendements supérieurs.

Les autorités auront également leur rôle à jouer. Le conseil financier suisse devra obtenir une autorisation pour accéder aux marchés européens à partir de la Suisse car cela sera primordial à la préservation des emplois et des talents en Suisse. L'innovation doit également être privilégiée. La FINMA a récemment autorisé les demandes d'ouverture de compte en ligne et prévoit de créer une licence bancaire « Light » pour les établissements Fintech. Bien que beaucoup reste à faire, c'est un début dans la bonne direction.

Même si la plupart des banques suisses sont maintenant conscientes de la nécessité d'innover et d'utiliser la technologie, elles se sont trop longtemps reposées sur le secret bancaire. Si le secteur de la Fintech suisse est en plein essor, il est toujours loin derrière ses homologues européens, tels que l’Allemagne, la France et bien évidemment l’Angleterre. Les salaires et les bonus élevés, ainsi que la sécurité de l’emploi dans ce secteur, ont aussi dissuadé plusieurs banquiers à prendre part dans les initiatives entrepreneuriales de technologies financières.

Maintenant que le secret bancaire et la sécurité de l’emploi font partie de l’histoire, le secteur financier suisse réussira-t-il à se réinventer et retrouver sa place en tant que principal centre financier?

 

Veuillez noter que les informations présentes dans cet article ne constituent pas une offre ou sollicitation à investir dans un quelconque instrument financier. IG se dégage de toute responsabilité concernant l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent. Veuillez noter que ces informations ne prennent nullement en compte la situation financière et les objectifs d’investissement spécifiques aux personnes qui les reçoivent. Ces informations n’ont pas été conçues pour répondre aux exigences légales en matière d’indépendance de la recherche sur l’investissement. Elles doivent donc être considérées comme une communication à des fins marketing. Enfin, bien que notre politique de passage d’ordres ne soit pas restrictive, nous ne cherchons pas à profiter de ces recommandations avant d’en faire la communication auprès de nos clients.

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