FONDATEUR DE JSBG.ME

Après avoir travaillé dans des domaines aussi variés que l'industrie du disque ou l'hôtellerie, Jorge S. B Guerreiro a lancé en juin 2010 le blog JSBG.me (JSBG, comme ses initiales). Depuis, toute une équipe de chroniqueuses a rejoint le projet. Devenu petit à petit un véritable webzine, JSBG.me se décline désormais également, en plus du français, en anglais et brésilien et couvre un choix éclectique de sujets: de la mode à la musique, en passant par les voyages, le design, l’horlogerie ou le cinéma.

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La marque suisse Heidi.com s'unit à Samsung et à l'architecte Zaha Hadid

Voici une histoire un peu folle, un peu comme si David s'alliait à Goliath. Et à un autre Goliath, encore. La marque de prêt-à porter suisse et urbaine Heidi.com a signé un contrat de partenariat avec les branches Chemicals et Semiconductors du géant coréen Samsung en vue de l'ouverture d'un flagship store conçu par le bureau de l'architecte star Zaha Hadid… à Neuchâtel.

Pour aussi improbable qu'elle puisse paraître, cette annonce est on ne peut plus sérieuse. Révélée lors d'une conférence de presse tenue en mai dernier, les premiers fruits de cette association ont été présentés au public la semaine dernière lors de la foire "100% Design" de Londres, lors de laquelle a été dévoilée une partie de l'aménagement révolutionnaire qui équipera le magasin pilote, dont l'ouverture est attendue pour ce mois de décembre déjà.

Mais comment une "start-up" de la mode telle que la marque de Saint-Blaise a-t-elle décroché une telle opportunité? Petit retour en arrière. Il y a bientôt 10 ans, Andreas Doering et Willy Fantin fondaient Heidi.com, un marque de vêtements dont le premier succès a été dû à ses t-shirts arborant le visage joufflu d'Heidi, par ailleurs logo de la maison. Petit à petit, la griffe a étoffé son offre en collaborant avec de nouveaux stylistes et graphistes, jusqu'à proposer désormais une mode plus complète: des robes, des mailles, des accessoires, plusieurs collections par année. 

En 2011, les deux fondateurs d'Heidi.com font la rencontre de l'allemand Jurgen Lammers, opérant pour la société Samsung Chemicals, par l'intermédiaire de la promotion économique neuchâteloise. Le courant passe très vite, et du côté de Samsung on perçoit alors la possibilité de faire appel au côté jeune de la marque suisse pour l'utiliser comme laboratoire: le géant coréen cherche en effet à démontrer les applications pratiques de son nouveau matériau, le Staron, composé de minéraux naturels et d'acrylique, sorte de pierre reconstituée pouvant être moulée. L'idée commence à germer d'ouvrir un magasin avant-gardiste dont le mobilier en serait fabriqué. Avant-gardiste? Voilà qui tombe bien: Samsung Chemicals collabore avec l'École d'Architecture de Londres, dont l'un des professeurs, Patrick Schumacher, est également partenaire du bureau d'architecture Zaha Hadid Architects. Celui-ci s'avère être immédiatement intéressé: Zaha Hadid a une longueur de retard en Suisse par rapport à ses "concurrents": Jean Nouvel (le cube de Morat, The Hotel à Lucerne), Sir Norman Foster (Dolder Grand à Zürich) et bien sur les locaux de l'étape Herzog & De Meuron ou Mario Botta ont déjà tous travaillé dans notre pays. Pas Hadid. Pour mémoire, ce mastodonte de l'architecture compte parmi ses réalisations l'usine BMW à Leipzig ou l'opéra de Canton, en Chine. 

Surgit alors le projet de concevoir une boutique unissant l'expérience de consommation dans un commerce traditionnel à celle plus virtuelle de l'achat sur internet, sorte de chaînon manquant de l'e-shopping. Entrent donc encore en scène, parmi d'autres partenaires, Samsung Semiconductors, chargé de la fourniture des connexions et de terminaux ultra modernes, et Inox Communication, également sis à Neuchâtel, ayant pour rôle le développement des interfaces multimédia.

L'équipe désormais au complet, restent deux inconnues de taille: premièrement où héberger ce magasin du futur. La ville de Neuchâtel, très enthousiaste à l'idée d'attirer un tel projet, libérera l'ancienne caserne des pompiers. Arrive ensuite la question du financement, sujet de préoccupation numéro un d'Heidi.com face à ses partenaires mammouths. Mais l'envie d'aller au bout du projet, conjuguée à la volonté de s'installer en Suisse, sera la plus forte: Samsung et Zaha Hadid ont répondu d'une même voix "nous allons vous faire une offre que vous ne pourrez pas refuser", paraphrasant la réplique du film "Le Parrain". 

Les délais, très serrés, sont pour l'instant tenus: le consortium a présenté à Londres une première partie du mobilier issu de cette collaboration, dont des présentoirs interactifs reconnaissant les clients, recoupant leur historique d'achat online et en boutique, connaissant leurs tailles et permettant un paiement sécurisé sans papier. Ces bornes, équipées d'écrans et façonnées en Staron, peuvent également proposer animations, concours ainsi que différentes ambiances lumineuses. Leur aménagement s'avère lui être complètement modulable. 

Grâce à cette singulière histoire et à un concours de circonstances unique, la petite marque helvétique se retrouve propulsée au rang de précurseur mondial de l'acte d'achat. Ce premier magasin prototype devrait être inauguré en décembre 2013 déjà. Heidi.com et ses prestigieux partenaires envisagent ensuite d'ouvrir de nouveaux points de vente sur le même principe, en Suisse et à l'international. D'ailleurs, la marque neuchâteloise est activement à la recherche d'investisseurs susceptibles de soutenir sa croissance…

- Jorge S. B. Guerreiro 

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