Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 45 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

La machine à laver boursière en cycle essorage

La Chine nous a finalement gratifié d’un rebond digne de ses récentes journées de baisse. Jeudi matin, alors que l’on restait tout de même crispés après les errances de ces derniers jours, le marché chinois a donc terminé en hausse de plus de 6%, et ceci en l’espace de 46 minutes. Les rumeurs disent que le gouvernement chinois a finalement décidé de limiter la casse en rachetant eux-mêmes des actions chinoises. Evidemment, en appliquant cette méthode, c’est plus rapide et directement efficace que n’importe quel « QE ».

Ce rallye matinal a donc rassuré tout le monde (momentanément) et l’ensemble des marchés occidentaux sont partis à la hausse, commençant par l’Europe – pour des raisons évidentes de décalage horaire – puis les USA ont suivi dans la foulée, publiant en même temps un GDP nettement meilleur que les attentes des économistes, puisque l’économie US était en croissance de 3.7% selon les calculs (et pour autant qu’ils soient fiables) du gouvernement américain.

Résultat : les marchés étaient en folie, l’Europe terminait en hausse de plus de 3% un peu partout et les US prenaient encore plus de 2% après avoir bouclé, la veille, leur plus forte séance depuis 4 ans.

À partir de là, le ton est drastiquement en train de changer dans les médias et la peur est à nouveau un peu moins présente, même si l’on peut clairement se poser des questions sur la santé mentale du marché et, in-extenso, sur la santé mentale de ceux qui FONT le marché. Comment peut-on passer de la panique la plus extrême comme lundi à des séances limite euphoriques trois jours plus tard. Il faut tout de même noter que l’indice S&P500 est en hausse sur la semaine, ce qui n’est pas peu dire après la claque de lundi.

Pourtant, encore une fois, rien n’a changé, si ce n’est le fait que la Chine montre (ENCORE UNE FOIS) qu’elle fera tout ce qu’elle peut pour relancer son économie, sa croissance et la hausse de son marché boursier.

Par contre, il y a encore pas mal de Bears qui s’accrochent et ne renoncent pas à leur « correction majeure ». On trouve encore pas mal de gourous qui nous préviennent que ce rebond n’est qu’un « dead cat bounce » ou que le « sell-off ne fait que commencer ». D’autres ont profité de la crise pour refaire les calculs de la croissance chinoise et sont arrivés à la conclusion que si l’on pense que la croissance a massivement ralenti, nous sommes à des années lumières de la vérité.

Deux camps s'affrontent 

D’ailleurs Moody’s a carrément baissé ses prévisions sur la croissance mondiale hier. L’agence de rating ayant réduit le GDP chinois, il semblait logique de faire de même pour la planète entière. Si Moody’s sont aussi visionnaires que pour la notation et les ratings, c’est peut-être carrément un signal d’achat, puisqu’en général quand une agence de rating vient « downgrader » quelque chose, c’est que l’événement s’est déjà produit et qu’ils viennent après la tempête, l’orage et le passage du cyclone.

En tous les cas, si vous prenez le temps de surfer sur le web en vous concentrant sur le chapitre finance – vous vous rendrez rapidement compte que deux camps s’affrontent.

1)   les éternels bullishs

2)   les éternels bearishs

Les deux camps sont assez extrémistes: il n’y a que très peu de demi-mesure. Les Bulls font part d’un arrogance assez impressionnante, bien qu’on ne les a que très peu entendu entre vendredi et lundi passé. Depuis deux jours, c’est cocorico tous azimuts et ils savaient TOUS qu’il fallait acheter mardi matin, c’est évident.

Même situation dans l’autre camp qui est frustré depuis 48 heures, puisque plus rien de fonctionne comme ils veulent. Nous assistons donc à un concours d’égos entre les super-bulls et les super-bears, bien qu’en réalité personne ne sache vraiment où nous allons.

Dans les faits, la Chine est en train de faire feu de tout bois pour soutenir l’économie et ceux qui en doutaient sont en train d’obtenir la preuve en live et en couleur avec le comportement des indices chinois. Le GDP US était plus fort que prévu. Nous allons inévitablement reparler de la hausse des taux aux USA. Reste à savoir comment nous allons interpréter la chose, puisque récemment le fait que la FED renonce (éventuellement) à monter les taux en septembre avait été interprété comme une mauvaise nouvelle, car signe évident de manque de dynamisme de l’économie – maintenant que les signes sont contradictoires et que l’on peut reparler de hausse des taux, est-ce que cette hausse sera considérée comme bonne parce que l’économie va finalement pas trop mal ou comme mauvaise, parce que monter les taux, ce n’est jamais bon pour les actions? Moi, je vous le dis, si c’était à refaire, j’aurais fait psychologie AVANT trading.

Et puis pour ceux qui croient aux signes médiatiques inversés (à savoir quand la presse prêche pour la fin du monde, les marchés montent et vice-et-versa), je vous conseille de vous rendre à la page suivante pour observer un élément de preuve qui pourrait donner la direction à prendre aux marchés.

En effet, quand on voit des « premières pages » comme celle-là, c’est symptomatique, ça ne devrait pouvoir QUE remonter.

Le vrai prix du pétrole 

Du côté du safe-haven, l’or ne fait rien. Ce matin il est à 1130$. Par contre du côté du pétrole, c’est le Muppet Show total. En deux jours, le baril est passé de 38$ à 43$ ce matin. Alors oui, on peut justifier la chose par 1264 histoires que l’on va trouver dans le marché: le Venezuela qui appelle au secours, les inventaires, le fait que certains prévoyaient un baril à 15$ il y a deux jours, en gros, tout ce que vous voulez…. Une chose est certaine, il faut avoir un sacré courage pour aller prendre des positions sur l’or noir. En ce qui me concerne, je vais me contenter de lâchement regarder ça d’un œil et me souvenir d’une phrase qui est restée gravée dans ma mémoire depuis quelques mois. Celle-ci a été citée alors que quelqu’une se demandait quel était le vrai prix du baril. La personne interrogée a répondu: 

« C’est bien simple, le VRAI prix du baril est quelque part entre 20 et 200$, ça dépend »

Ce matin en Asie, ça monte.

Encore.

Le Japon de 2.7%, Hong Kong de 0.5% et la Chine de 1.9%, alors que l’on entend dire ici et là que le gouvernement chinois travaille encore sur de nouvelle mesures de soutien. On peut se demander pourquoi ils n’ont pas encore utilisé l’armée pour forcer le consommateur à consommer, le trader à acheter et les pays étranger à importer !!!

Maintenant que le marché est remonté, ou est en train de, ou que la volatilité se calme (un peu). On recommence à trouver des nouvelles qui parlent d’autre chose que de krach boursier, de crise financière mondiale ou de fin du monde qui approche. Hier, Carl Icahn a annoncé qu’il détenait 8.5% de Freeport McMoran et le titre a explosé dans la foulée. Pendant ce temps-là, Apple prépare un nouvel événement qui devrait révolutionner le monde pour le 9 septembre. On s’attend à la présentation de l’iPhone 6S, un nouveau Siri, un nouvel IOS et j’en passe et des meilleures.

Les Fonds « Global Equities » n’ont jamais vu autant de rédemptions de leur histoire. Sur cette dernière semaine, ce sont 29.5 milliards qui sont sortis du secteur. À propos de fonds, notre partenaire Investir-Funds vient de publier une analyste maison sur le « Smart Beta », analyse à la fin de laquelle, on peut se demander pourquoi le mot Smart est inclu dans la racine du produit.

Retrouvez l’analyse ici

Dans le Barron’s, Laszlo Birinyi reste définitivement bullish. Wells Fargo recommande de se concentrer sur les GROSSES capitalisations. Et Activision et United Continental sont fortement recherché après leur inclusion dans le S&P500. Facebook a passé une nouvelle frontière hier. Durant la journée, 1 milliards de personnes étaient connectées… Je ne sais pas ce qu’il faut en penser.

Côté chiffres économiques, nous aurons le GDP Suisse, le PPI en France, le CPI en Espagne, la confiance du business en Italie et en Espagne, le GDP Britannique, l’inflation des salaires en Italie et le CPI en Allemagne. Aux USA, c’est le jour du Personal Income, de la consommation réelle et de la confiance du consommateur version Université du Michigan.

Pour le moment les futurs sont en baisse de 0.5% un peu partout en Europe et aux USA. Peut-être parce que la hausse de la Chine est moins franche ce matin, ou alors les gens ont fait tellement d’argent dans le rebond depuis deux jours, qu’ils prennent les profits avant le week-end. L’Euro/$ est à 1.1260, retour à la case départ, le yen vaut 121, le Bitcoin est à 221$, le rendement du 10 ans US est à 2.17% et notre bon vieux franc suisse qui résiste à toutes les tempêtes se traite à 1.0857.

La bonne nouvelle, c’est que nous sommes vendredi et que ce week-end, c’est encore l’été. Alors profitez bien de l’été et on se retrouve lundi matin pour la suite des aventures du grand-huit des marchés boursiers !

Thomas Veillet

Investir.ch   

Life is 10% what happens to me and 90% of how I react to it. –Charles Swindoll                     

 

 

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