Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

La gauche veut-elle aider les familles?

Le dimanche  8 mars, les Suisses voteront sur l’initiative du PDC visant à défiscaliser les allocations pour enfants et de formation professionnelle. Le but de la votation: aider les familles. Lorsqu’elle fut lancée, la proposition de loi a été rejetée par tous les partis lors des débats aux Chambres fédérales. Cependant, le 24  janvier, l’assemblée des délégués de l’UDC fait volte-face et se rallie finalement à l’initiative en faisant campagne pour son acceptation par le peuple.

Que le PLR et autres partis de droite combattent cette initiative du PDC pour des raisons dispendieuses (les pertes fiscales sont estimées à environ 1  milliard de francs selon le Conseil fédéral, soit 200  millions pour la Confédération et 760  millions pour les cantons) peut être encore compréhensible, même si ces formations devraient utiliser leurs forces pour d’autres combats.

Mais que l’ensemble de la gauche fasse front contre ce texte est incompréhensible, tout comme leur litanie qui consiste à ne pas faire de cadeau fiscal aux riches! Ainsi, selon eux, cette exonération d’impôts profitera principalement aux familles les plus aisées et non aux plus modestes qui sont peu ou pas taxées. Ces arguments sont non seulement faux puisque toutes les familles, quel que soit leur revenu, paient des impôts cantonaux et communaux sur les allocations qu’elles reçoivent, mais ils sont insupportables.

Il faut arrêter de brandir à tout va l’argument des familles aisées qui profitent du système! Non seulement ces dernières sont très peu nombreuses (seulement 6% des enfants vivent dans un foyer disposant d’un revenu imposable de plus de 150’ 000francs), mais ces familles paient souvent jusqu’à 50% de leur revenu en impôts. Il ne faut pas oublier que c’est bel et bien grâce à cet argent versé par ces contribuables que l’Etat peut absorber les pertes engendrées par les centaines de milliers de citoyens qui, chaque année, ne paient rien en Suisse.

Assumez!

Tant qu’à faire, les partis de gauche auraient mieux fait de proposer de supprimer les allocations aux familles aisées et exonérer les impôts pour les familles à faible revenu. Au final, tout le monde aurait plus ou moins trouvé son compte. Une chose est sûre: les partis de gauche devraient non seulement soutenir les familles mais surtout arrêter de prétendre que les riches profitent du système!

Et, de manière générale, les partis de gauche ou de droite doivent arrêter ce double langage qui consiste d’un côté à encourager les femmes à travailler et de l’autre à refuser de mettre les conditions-cadres pour que les parents puissent assumer leurs multiples responsabilités. Faisons progresser la politique familiale en Suisse!

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