Banquiers anonymes

Bud Fox et ses acolytes dévoilent les dessous de la place financière genevoise. Ce collectif de banquiers anonymes a décidé de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

La France spécialiste de l'armement: «Mais cela ne vous gêne-t-il pas?»

De l’étranger, la Suisse évoque les montagnes, le chocolat et l’emmental (pas le gruyère, qui est sans trou)... Mais aussi des images moins bucoliques d’un paradis fiscal construit sur un secret bancaire moribond et des banques sans morale qui ont accepté les avoirs de dictateurs et de leur entourage.

Les mesures sur l’échange automatique préconisées par l’OCDE sont en train d'être mises en place. Tout l'aspect peu reluisant de la Suisse appartiendra dans quelques années au passé, et on s’en réjouit. La vigueur avec laquelle la France a systématiquement attaqué la Suisse sur ce plan nous donne à penser que l’Hexagone est d’une vertu irréprochable.

L’émission récente "Cash Investigation" sur France 2 nous dévoile que la France commerce avec ces mêmes pays dont elle reproche aux banques suisses d’avoir accueilli l’argent. Je peine à comprendre: commercer, mais pas accepter l’argent ? Commercer en vendant nourriture, médicaments ou autres denrées qui sont à même d’améliorer la vie des habitants de ces pays est à mes yeux acceptable (certains seront d’avis contraire), mais des avions de combats ou encore des armes… Là, je tousse. Certainement que la Suisse commerce dans le domaine de l’armement avec des pays qui bafouent nos valeurs de démocratie et des droits de l’homme, mais elle ne le reproche pas à ses voisins. Commercer, c’est aussi accepter cet argent afin de faire tourner l’industrie de l’armement ?

Une simple recherche sur internet nous apprend que la France, dont la population est un peu plus de huit fois celle de la Suisse, a vendu 14 fois plus d’armes que la Confédération en 2014. Les prévisions pour 2015 sont d’un facteur 25.

Dans "Cash Investigation", la journaliste Élise Lucet, dont chacun appréciera la façon de procéder, pose la question à quelques personnalités françaises impliquées dans ce commerce: « Mais cela ne vous gêne-t-il pas ? » La réponse est claire: c'est bon pour notre économie et cela réduit le nombre de chômeurs… et si ce n’est pas nous, d’autres le feront, alors pourquoi s’en priver.

J’ai bien compris, tant que le régime est en place, c’est bon pour l’économie et on repassera pour la morale, mais elle saura revenir au galop dès qu’il sera déchu! On s’assure ainsi la bienveillance du régime suivant qui ne manquera pas de commander de nouvelles armes, d’autant que la condamnation et la chasse à l’ancien régime seront fortes.

Au fait, on vient d’apprendre que le fisc anglais (HMRC) a épuisé les données de la liste Falciani. Le butin ? Environ 200 million d’euros, soit 2.6 Rafales… ça ne risque pas de réduire le chômage.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."