Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

La France a besoin d’un choc thatchérien

La légère croissance de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) enregistrée au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l’année ne doit pas faire illusion. Depuis plusieurs décennies, la France décline. 

Les chiffres sont cruels. Selon l’IMD à Lausanne, l’Hexagone ne pointe qu’au 28ème rang (sur 60 pays) du dernier classement de la compétitivité. Même la Thaïlande la précède. La dette publique atteint 92% du PIB contre 20% en 1980.

Cette année-là, le chômage touchait 1,3 million de personnes. Aujourd’hui, il frappe 3,2 millions d’individus. Les jeunes sont particulièrement pénalisés: le taux de chômage des 20 à 24 ans reste au-dessus de 16% depuis 30 ans. De même, le taux d’emploi des 15-24 ans et des 55-64 ans est faible en comparaison internationale.

Les dépenses publiques sont élevées (56,3% du PIB): seul le Danemark fait pire au sein de l’Union européenne. Les prélèvements obligatoires représentent 26% de la valeur ajoutée (15% en Allemagne). Depuis 1978, l’indice de confiance du «Baromètre mondial de l’espoir économique» est continuellement négatif. Autrement dit, les Français n’ont jamais été une seule fois optimistes au cours de ces trente-cinq dernières années. 

La France n’a pas tiré les leçons de ses échecs. Elle n’a pas non plus remis en question son système économique et politique complètement ankylosé par le poids de l’histoire. Dans "Elite Academy, enquête sur la France malade de ses grandes écoles", un ouvrage remarquable, le journaliste anglais Peter Gumbel accuse la formation des élites d’être responsable du déclin de la France.

Diplômés de l’ENA (Ecole nationale d’administration) ou de l’Ecole polytechnique, ces derniers deviennent par la suite hauts fonctionnaires, conseillers ministériels ou encore PDG, voire président de la République comme Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et François Hollande. Mais cette élite fonctionne selon ses propres codes de pensées. Souvent arrogante et trop sûre d’elle, elle ne comprend pas la concurrence, la compétitivité, la mondialisation. Elle vit repliée sur ses certitudes. Cette élite est incapable de mettre le pays sur de nouveaux rails. 

Or, la France a besoin d’une véritable révolution libérale, une sorte de révolution thatchérienne, pour la sortir de sa léthargie. Objectif: déréglementer l’économie, dont les résultats sont entravés par de trop nombreuses subventions étatiques, et libéraliser le marché du travail (abolir définitivement les 35 heures et le salaire minimum, faciliter les licenciements, limiter les charges sociales pour les entreprises) afin qu’il puisse se régénérer. De profondes réformes sont aussi nécessaires dans la formation (en finir avec le baccalauréat pour tous, encourager l’apprentissage), le système fiscal (vers davantage d’équité) et la prévoyance professionnelle (départ à la retraite plus tardif dans les secteurs public et privé). 

Le potentiel de la France est énorme. Il est peut-être même plus important que celui de l’Allemagne. Encore faut-il pouvoir l’exploiter. La force de notre voisin est dans l’intérêt de l’Europe. 

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