Marmierpascal

DIRECTEUR DE SWISSNEX CHINA

Après avoir passé plus de 10 ans à Boston, Pascal Marmier a récemment rejoint un autre réseau swissnex, celui de Chine basé à Shanghai. Passionné de science et d'innovation, il travaille avec son équipe à promouvoir l’excellence de la Suisse dans ces domaines, renforcer les liens académiques en Chine et créer une communauté d’innovateurs et d’entrepreneurs. Gradué de l’Université de Lausanne, Pascal a aussi suivi une formation postgrade à Boston University et obtenu un MBA de MIT. En plus de chercher les meilleurs talents en science et technologie, il essaie aussi de trouver les meilleurs endroits pour courir dans une ville à forte densité de population.

La formation duale, un produit d’export aussi pour la Chine

Les ambitieuses réformes du gouvernement chinois – et leur impact sur des pans entiers de l’économie et de la société – continuent à grande vitesse. Ainsi, dans le domaine de l’éducation, plusieurs annonces des leaders confirment que le pays va adopter un système de formation duale très proche de celui que l’on connaît. Un rapport de l’Ambassade à Pékin donne un aperçu des discussions en cours.

L’adoption d’une double voie d’études dès 16 ans sera accompagnée d’une transformation d’environ 600 universités en nouvelles organisations basées sur le modèle des HES (Hautes Ecoles Spécialisées). Les challenges seront nombreux dans un pays qui vénère les études universitaires et où l’industrie est peu connectée aux institutions de formation. La Chine s’intéressant de près au modèle de formation duale suisse, il y a une belle carte à jouer en termes de collaboration dans ce domaine. Les intérêts et possibilités sont multiples. Au-delà de la possibilité de pouvoir participer à l’élaboration d’une stratégie qui aura une forte influence sur le futur du pays, il y a certainement un bénéfice direct pour les acteurs du domaine.

Les sociétés suisses en Chine souffrent d’un manque de main-d’œuvre qualifiée, surtout dans les domaines techniques (ingénierie, mécanique de précision, pharma). En mettant en place des initiatives de formation duale avec de nouveaux partenaires, ces sociétés pourraient ainsi partager leur expérience et accélérer la formation de nouveaux talents. Les réformes en cours pourraient aussi permettre de faire reconnaître de nouveaux diplômes dans des branches stratégiques.

Pour les HES, la Chine pourrait devenir une priorité dans leur processus d’internationalisation. Une possibilité serait, pour les dirigeants, de travailler étroitement avec les autorités chinoises en ce qui concerne le pilotage du système. Les écoles auraient fort à apprendre de la mise en place d’une nouvelle politique à grande échelle! Et elles pourraient ainsi avoir accès à un immense marché en développant un avantage compétitif dans un monde de la formation de plus en plus globalisé.

De nombreuses sources saluent notre système d’éducation comme une des clés de notre succès économique, donc il est grand temps de le mettre en valeur à l’étranger. Le climat politique actuel n’est sûrement pas idéal pour ce type d’initiative internationale innovante, mais avec l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange dans quelques mois, il est grand temps de bâtir sur les excellentes relations économiques et politiques.

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