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EXECUTIVE DIRECTOR CHEZ SYMBIOTICS ET VICE-PRÉSIDENT DE SUSTAINABLE FINANCE GENEVA

Titulaire d’un master en relations internationales de l’Institut des Hautes Etudes Internationales de Genève et d’un certificat de formation continue en gestion quantitative de portefeuilles de l’Université de Genève, Fabio Sofia a démarré sa carrière auprès de Lombard Odier à Genève dans la gestion de projets pour le département des produits, puis a rejoint la section politique pour les droits humains au Département Fédéral des Affaires Etrangères à Berne. Depuis 2004, il travaille pour Symbiotics SA, une société leader en investissement d’impact dans les pays émergents, spécialisée dans le financement d’institutions de microfinance. Il a été successivement analyste d’investissement, responsable régional pour l’Amérique Latine, client relationship manager et aujourd’hui head of business development et membre du comité exécutif de Symbiotics. Depuis 2012, il siège également au comité exécutif du "Sustainable Finance Geneva" en tant que vice-président, une organisation à but non-lucratif qui promeut la finance responsable et durable en Suisse.

La finance et le développement

La crise, ou plutôt les crises à répétition que nous vivons depuis plus de 10 ans, ont obligé les différents acteurs politiques et économiques à reconsidérer le rôle et l’importance du secteur financier dans l’économie mondiale. Après s’être intéressée au rôle de l’Etat confronté à ces crises successives,  la Banque Mondiale nous offre cette fois-ci une étude sur le rôle que peut avoir la finance sur le développement économique et la réduction de la pauvreté. Le Global Financial Development Report 2014 (GFDR 2014) développe avec précision le concept d’inclusion financière, typiquement défini comme la proportion d’individus ou sociétés qui utilisent des services financiers dans une région donnée.

Les faits parlent pour eux puisque la moitié de la population adulte dans le monde, soit plus de 2.5 milliards de personnes, n’a pas accès à un compte bancaire. Sachant que la plupart sont économiquement actifs, on comprend aisément le potentiel offert par ces populations aux acteurs spécialisés dans l’inclusion financière. Un autre point à retenir est que la grande majorité de ces personnes se trouvent dans les pays en développement. Du Cameroun  aux Philippines, en passant par le Mexique, seul un quart de la population adulte a accès à des services financiers, contre près de  90% dans les pays occidentaux.

Le défi est énorme et déterminant pour la croissance économique des pays en devenir. La Banque Mondiale ne s’y trompe pas. L’offre de services financiers, principalement l’épargne, les services de paiement de base et les produits d’assurance, à une influence considérable sur le développement économique et la réduction de la pauvreté. De nombreuses études trouvent en effet une corrélation positive entre l’accès à ces services d’une part, et la création d’emplois et la réduction de la vulnérabilité aux chocs d’autre part. Ce n’est donc pas un hasard si les leaders du G-20, le groupe des 20 économies les plus importantes de la planète, ont décidé de mettre l’inclusion financière à leur agenda. Plus de deux tiers des régulateurs financiers ont par ailleurs déjà adopté des initiatives visant à promouvoir l’accès aux services financiers.

La proximité géographique revêt un rôle essentiel dans le domaine. Le GFDR 2014 ne s’y trompe pas. Pour près de la moitié des personnes interrogées, l’absence de relation bancaire est avant tout liée à la distance. Se déplacer a un coût qui n’est pas forcément à leur portée. L’accès aux services financiers est donc particulièrement difficile pour les personnes vivant en milieu rural, mais pas uniquement pour elles ; les pauvres,  les jeunes, les femmes et les micros et petites entreprises souffrent aussi de l’absence de services financiers. Nerf d’une croissance durable pour ceux qui (sur) vivent de l’économie réelle, l’inclusion financière est donc centrale. Il y a fort à parier que le concept n’a pas fini de faire parler de lui. Les besoins en financement commencent à attirer les capitaux institutionnels occidentaux à la recherche de croissance. Et ce n’est qu’un début.

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