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PRÉSIDENTE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DE CARAN D'ACHE

Après sa formation à l’Ecole hôtelière de Genève et des études à l’Université de Harvard, Carole Hubscher est à la tête des ventes internationales de Caran d’Ache. Immédiatement après, elle travaille pour le groupe Swatch et comme conseillère d’une agence de gestion des marques. En 2003, elle devient partenaire de brandstorm, un société d’architecture de marques haut de gamme. En 2012, Carole est nommée Présidente du Conseil d’administration de Caran d'Ache, succédant ainsi à son père. Depuis 1915, la manufacture de tradition Caran d’Ache est un fleuron de l’industrie suisse dont elle incarne à la fois la qualité et l’excellence. Spécialisée dans les instruments d’écriture et la couleur, elle emploie environ 300 collaborateurs à Genève et exporte dans plus de 90 pays.

La croix, la pomme et l’arbalète

Comme chaque pays, la Suisse a ses emblèmes qui la symbolisent aux yeux de ses concitoyens et du monde extérieur. Le chocolat, bien évidemment, les montres, cela va de soi, le couteau suisse ou encore et surtout, la croix suisse. Au centre d’un projet de révision de loi déposé par le Conseil fédéral en 2009, le label Suisse ainsi que la « marque » suisse doivent être protégés des utilisations abusives dont ils sont trop souvent victimes. L’enjeu : la réputation de notre production et l’image de la qualité suisse, tant convoitée.

Le 6 juin dernier, un pas de plus a été franchi dans le sens d’un renforcement des critères d’utilisation du label suisse, avec l’adhésion du Parlement au projet de loi. Désormais, pour se targuer d’être Swiss-made, un produit devra justifier qu’au moins 60% de son coût de revient aura été réalisé en Suisse.

Une victoire pour les entreprises suisses ? Pas si sûr… Cette mesure est un début mais demeurera insuffisante pour protéger notre marché du flot d’objets de basse qualité produits en Chine et vendus sur notre territoire par le biais d’importateurs basés en Suisse. Estampillés de la croix nationale et présentés comme produits suisses, ils abusent de notre image en toute impunité et trompent également les touristes auxquels ils sont le plus souvent destinés.

Tout en voulant protéger l’intérêt et l’image de la production suisse, nos autorités négligent simultanément la question non moins cruciale de ces importations massives qui causent tant de tort à nos entreprises. La nécessité d’encadrer l’utilisation du label Swiss made  et de nos armoiries, et de faire respecter son application par tous - entreprises suisses incluses - ne doit pas faire oublier les défis économiques auxquels celles-ci sont confrontées pour faire face aux importations asiatiques bon marché.

Nos autorités doivent se donner les moyens de lutter efficacement contre ce double fléau pour espérer atteindre de leur arbalète le ver dans la pomme.

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