Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

La crise de l'immobilier genevois... et ses multiples facettes

L’immobilier traverse une crise profonde aux multiples facettes.

Dans le commerce de détail, les sites en ligne s’améliorent sans cesse et obligent même La Poste à travailler le samedi. Les commerces physiques ferment les uns après les autres. Ils n’ont pas encore réussi à trouver ce qui rendra leur attractivité perdue... le service, peut-être? 

Dans le secteur des bureaux, l’offre est pléthorique. Les objets qui ne possèdent pas une adresse illustre et sont dépourvus des dernières facilités spatiales et technologiques sont vite relayés au niveau d’atelier. Les bailleurs multiplient les actions pour attirer des clients toujours plus exigeants et toujours moins demandeurs d’espace. Et le phénomène ne va pas s’arrêter là. Le recentrage des activités financières va continuer avec ses effets sur les surfaces. Le travail à distance devient une réalité toujours plus accessible grâce aux nouvelles technologies. Il ne manque qu’une connexion internet parfaite dans toute la Ville pour que l’érosion continue.

De plus, de nombreuses surfaces sont prévues ces prochaines années, que ce soit à la Praille, à la rue de Lyon, ou encore les nouveaux projets pharaoniques proches de l’aéroport et à Vernier. Ce sont des projets initiés il y a longtemps, sans réelle vision économique.

L’immobilier de rendement rencontrera aussi des défis majeurs. A fin 2016, la pyramide des âges montrait clairement que la population genevoise vieillissait et oscillait entre les 40 et 50 ans. A terme, cela implique de repenser notre modèle d’habitat. Or, à ce jour, rien n’est entrepris.

Les nouveaux moyens de communication, les voitures autonomes promises pour bientôt et les assistants médiaux connectés permettent d’envisager le maintien à domicile plus longtemps des personnes âgées. Mais l’empilement médiocre, sans réflexion urbanistique et architectural, continue. Il est facile de le constater aux Vergers, à la Chapelle ou encore à côté du Bureau des Auto. Cette ineptie reste appuyée par l’Etat et les Fondations publiques.

Car face à ces défis, la volonté politique est inexistante. Il n’y a aucune envie de poser les vraies questions politiques, quelle que soit la formation politique. Il est plus facile de participer à des inaugurations que prendre à bras-le-corps les réels enjeux de demain, avec les risques liés à une non-réélection. Dommage, car répondre à ces nouveaux enjeux implique la création de nombreux emplois.

L’immobilier genevois va porter son nom encore pour longtemps.

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