Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

La Cigale et la Fourmi

« Quand la bise venue » écrivait Jean de La Fontaine dans sa fable.
Notre croissance, nos retraites, notre temps de loisir ont été financés en construisant les produits toujours plus loin, où la main d’œuvre est la moins chère : de Taiwan au Cambodge, en passant par la Chine. Mais le globe n’est pas infini. Il est entré dans les mœurs de pouvoir acheter 3 t-shirts pour le prix d’un, d’aller boire sa bière le week-end à Barcelone, en payant le moins possible, est devenu banal, comme prendre le bus le matin. Les journaux sont gratuits, jetés partout sans ménagement. Les voitures sont vendues toujours meilleur marché. La nourriture doit être en surabondance et offerte, Monsanto et l’huile de Palme s’en chargent. Les villes sont assaillies d’un tourisme de masse qui a des conséquences écologiques désastreuses. Amsterdam en a assez, Venise a installé es portiques pour filtrer des touristes et même Barcelone est écœurée de ses trop nombreux visiteurs. La malbouffe engendre une obésité croissante partout. Les bénéfices vont aux grandes entreprises et les coûts aux collectivités. 
Et ces coûts sont importants. Les prix auxquels sont vendues nos fripes ne permet simplement pas de les produire en occident. Les conséquences écologiques, non seulement liées à la production mais aussi aux transports sont exportées, sans que cela gêne qui que ce soit. Des symptômes visibles sont le réchauffement planétaire et les continents de plastique qui flottent dans les océans. Mais cela nous touche aussi directement, dans nos contrées. Exporter la production provoque chômage et perte du savoir-faire chez nous. Mais aussi, vouloir toujours plus pour moins implique une économie de masse au détriment d’une économie de qualité. Il faut que cela change avant la bise. Accepter de payer le juste prix des choses suppose une croissance basée sur un modèle différent, pas une décroissance. Il faudra aussi travailler mieux, et peut- être un peu plus, mais surtout être créatif !

En immobilier, il faut construire et développer dans la qualité, pas au meilleur coût comme l’Etat le promeut actuellement. Vouloir déverser sur le territoire du logement social partout est un amer constat d’échec. C’est reconnaître que la production de masse exportée va se produire et qu’il vaut mieux assister les gens dans leur canapé plutôt que de les inciter et encourager à produire mieux. Plus de 60% de logements sociaux comme le propose la votation du 10 juin au PAV entérine ce constat.

Mais dans tout ce brouhaha, qui veut encore trouver des solutions adaptées à chaque situation et payer au juste prix son litre de lait?!

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