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Journaliste

Licencié en économie (Université de Genève), journaliste indépendant spécialisé en télécommunications, économie et investigation notamment avec des enquêtes sur le blanchiment d’argent et les escroqueries financières, Luigino Canal a été pendant 15 ans le correspondant en Suisse pour le quotidien économique français «Les Echos». Il a collaboré avec de nombreux médias suisses et italiens (Corriere della Sera, l’Espresso). Il se concentre désormais sur les grandes fortunes. Il participe depuis 15 ans à l’élaboration du classement de Bilan des 300 plus riches de Suisse.

L’une des plus grandes faillites de Suisse bouclée après plus de 20 ans

Probablement que seuls les plus vieux d’entre-nous s’en souvienne. Mais lorsque Sasea Holding est tombée en faillite en septembre 1992, l’information a fait la une de tous les médias économiques de la planète. Cette société genevoise dirigée par l’italien Florio Fiorini a creusé un trou de 1,08 milliard de francs. Sans compter les ardoises laissées à l’étranger, notamment en France et en Italie.

La Banque Cantonale de Genève, Credit Suisse, l’UBS y ont laissé des millions. Le Crédit Lyonnais, via ses filiales en Suisse et en Hollande, a produit des créances pour plus de 200 millions de francs. Et ses dirigeants de l’époque ont même été mis sur la sellette par la justice pour les prêts accordés à Florio Fiorini et son compère Giancarlo Paretti, lors du rachat par Sasea du géant cinématographique hollywoodien Metro Goldwyn Mayer (MGM).

Parmi les quelque 2000 créanciers obligataires qui ont perdu des plumes dans les rocambolesques aventures financières du duo Fiorini-Paretti, on note la présence de l’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin qui possédait une créance de 19 000 francs contre Sasea.

Plus de 20 ans après la mise en liquidation de Sasea, la faillite vient d’être bouclé. Elle a permis de verser aux créanciers un dividende total de 10,68%. Mais tous n’ont pas forcément perdu 90% de leur argent.

Selon nos informations, pariant que les caisses ne sont pas totalement vide et qu’il reste des actifs au sein de la société, quelques investisseurs ont profité de la décote des obligations de Sasea pour acquérir, après l’annonce de la faillite en 1992, ces «junk bonds» à bon prix, à environ 1% de leur valeur nominale. Un coup de poker gagnant qui leur permet aujourd’hui de multiplier leur mise par 10 et de réaliser un joli profit.

 

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