Langlo Jan

DIRECTEUR DE L'ASSOCIATION DE BANQUES PRIVÉES SUISSES

Jan Langlo est titulaire d’un brevet d’avocat au barreau de Genève et d’un diplôme d’expert fiscal. Il a débuté sa carrière de fiscaliste auprès de Lenz & Staehelin, puis au sein de l’étude Oberson & Associés avant de rejoindre le Groupe Pictet en 2007 en tant que conseiller juridique et fiscal. Au bénéfice d’une grande expérience dans le domaine fiscal, Jan Langlo a rejoint l’Association de Banques Privées Suisses en janvier 2014 en qualité de Directeur adjoint. Depuis le 1er juillet 2015, il occupe le poste de directeur de l’ABPS, où il oeuvre à la défense politique des intérêts des banques actives dans le domaine de la gestion de fortune. Il exerce en parallèle le mandat de Secrétaire général de l’Association des Banquiers Privés Suisses. Jan Langlo siège au sein de diverses commissions et groupes de travail de l’Association suisse des banquiers.

L’initiative populaire a 125 ans – et ça se voit!

C’est en 1891 que l’initiative populaire, à savoir le droit pour le peuple de proposer une modification de la Constitution fédérale, a été introduite. A l’époque, il fallait réunir 50'000 signatures pour provoquer une votation, ce qui représentait 7.6% du corps électoral. Ce dernier compte maintenant plus de 5 millions de personnes, grâce à l’inclusion des femmes notamment, de sorte qu’à proportion constante, il faudrait qu’une initiative populaire rassemble environ 400'000 soutiens.

Or, comme chacun sait, le nombre de signatures exigées est de 100'000 depuis 1978. Cela rend le lancement d’une initiative populaire de plus en plus facile. Preuve en est le nombre croissant d’initiatives soumises en votation chaque année. Plusieurs voix se sont élevées pour augmenter à nouveau le nombre de signatures requises : Avenir Suisse a ainsi proposé 4% du corps électoral suisse (environ 210'000 signatures). C’est la proportion qu’exige par exemple la constitution genevoise de 2012 pour son équivalent cantonal.

Autant il est bon que les idées puissent s’exprimer, autant la multiplication des débats sur la place publique menace leur qualité. Réduire le nombre d’initiatives permettrait de concentrer l’attention sur celles qui reflètent vraiment une préoccupation d’une grande part de la population.

De plus, les parlementaires fédéraux, les milieux politiques et finalement le peuple doivent étudier et prendre position sur des propositions par essence incomplètes, puisque limitées à quelques principes constitutionnels. Le débat est alors dominé par les interprétations et le vote par les émotions.

Or la Constitution fédérale est le catalogue de nos droits et obligations fondamentaux en tant que citoyens. Ce n’est pas le lieu d’y insérer des règles de détail, qui auraient bien plus leur place dans une loi. C’est pourquoi il conviendrait d’instaurer aussi une initiative populaire législative au niveau fédéral, comme tous les cantons l’ont d’ailleurs fait à leur niveau. La question à régler étant de moindre importance, on peut prévoir qu’un nombre inférieur de signatures sera nécessaire à son aboutissement. Et un projet de loi pouvant être plus détaillé qu’un article constitutionnel, le peuple se prononcerait sur un texte directement applicable.

Il n’est nullement question d’abolir l’initiative populaire, cet « indispensable trublion » comme l’appelle Tibère Adler, le directeur romand d’Avenir Suisse. On peut faire confiance au peuple pour rejeter, chaque trimestre, les initiatives trop farfelues. Cet exercice coûte cependant beaucoup de temps et d’argent à tout le monde et met à mal la sécurité juridique qui est l’un des atouts majeurs de la Suisse. La démocratie directe est un magnifique outil, mais elle a besoin d’une mise à jour pour ne pas être abusée.

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