Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

L’impasse entre la Suisse et l’Union européenne

On disait qu’une solution était à portée de main! Or, il faut déchanter. Berne ne signera pas un accord provisoire dans le domaine de l’électricité avec Bruxelles. La Commission européenne vient d’avertir la Suisse qu’elle n’entrera pas en matière tant que la question institutionnelle ne sera pas réglée. Autrement dit, les relations entre la Suisse et l’Union européenne (UE) sont dans l’impasse.

En se rendant à Bruxelles au début février, la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga avait espéré infléchir, au moins dans la forme, la position de la Commission européenne sur le dossier de la libre-circulation des personnes mis à mal depuis l’adoption de l’initiative contre l’immigration de masse. Il n’en fut rien. Malgré la bise de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, celui-ci a reconnu que la libre-circulation des personnes n’est pas négociable.

De son côté, le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter cherche des solutions pour résoudre les divergences relatives à la question institutionnelle. La reprise automatique du droit européen et l’idée de soumettre les accords bilatéraux à l’interprétation de la Cour de justice de l’UE sont indéfendables sur le plan de la politique intérieure.

Quant à Doris Leuthard, elle négocie depuis plusieurs années un accord dans le commerce et l’acheminement de l’électricité. Les deux parties ont tout intérêt à trouver un compromis, alors que l’interconnexion des réseaux européens sera mise en œuvre dès le 1er juillet prochain. L’UE ne peut pas contourner le château d’eau helvétique nécessaire à son approvisionnement avant de nombreuses années: la construction de nouvelles autoroutes électriques prend au moins dix ans. Pour les entreprises suisses, l’absence de toute solution comporte deux risques comme l’a affirmé récemment Romande Energie: un risque d’isolement et un risque de taxes sur l’électricité à l’importation comme à l’exportation.

Enfin, Evelive Widmer-Schlumpf se bat pour obtenir un accès aux services financiers européens. Un accès jugé primordial par les banques.

Aujourd’hui, toutes les discussions avec l’UE sont au point mort, alors nos voisins constituent notre principal débouché économique. A Berne, elles relèvent de plusieurs conseillers fédéraux qui ne partagent pas forcément la même vision. Il leur manque une vue d’ensemble commune pour tenter de faire avancer les choses. Pour l’ancien ambassadeur François Nordmann, il faut un interlocuteur, une politique. Mais cela ne suffira pas. La politique étrangère de la Suisse est surtout déterminée par les intérêts partisans qui déchirent la scène politique intérieure.

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."