Strobinofabrice

ANALYSTE CHEZ ANALYSES & DÉVELOPPEMENTS IMMOBILIERS

Diplômé de l'Institut d'études immobilières (IEI), Fabrice Strobino est architecte universitaire et chef de projets immobiliers chez Analyses & Développements Immobiliers depuis 2003. Il a en outre suivi le cursus de l'AZEK pour les gérants de fortune. Fort d'une expérience de plus de 4000 expertises pour de grandes banques, il est membre de l'Association des promoteurs et constructeurs genevois (APGC) et membre de la Chambre suisse des experts immobiliers (CEI).

L'immobilisme a plusieurs prix!

L’immobilisme coûte, économiquement et écologiquement. D’autant plus quand la classe politique se désintéresse de la vie des gens, au quotidien.

L’OCSTAT nous donne des chiffres auxquels nous devons tous réfléchir.

Le nombre de frontaliers a augmenté en 2016. Le temps pour se rendre au travail augmente. Le nombre de nuitées dans l’hôtellerie a diminué. L’emploi recule, encore. Le nombre de nouveaux logements mis sur le marché cette année plafonne pour une deuxième fois consécutive à 2000.

Le dernier solde migratoire était de plus de 6'000 personnes. Le grand projet du PAV (Praille Acacias Vernet) fait du sur place. L’Etat ressemble à ce Titanic où l’orchestre continue à jouer, même après avoir heurté l’iceberg. Résultats : une tragédie, des pertes humaines, et un gouffre économique !

Sur la plus grande partie de la zone une villa, l’Etat a jeté une incertitude juridique. En effet, il a décrété que toute construction sur ces zones seront interdites, au moins pendant 5 ans. Ce serait le temps pour étudier un déclassement. Est-ce nécessaire pour décider de construire des immeubles à côté du passage du tram ? Cet immobilisme coûte ! Mais il faudra encore 5 ans pour savoir ce qui va être construit, sans recours. En résumé, pendant 10 ans, au moins sus risque des éternels recours, nous continuerons d’exporter notre demande de logements insatisfaite avec son trafic incessant.

Toutes les heures passées en transports coûtent simplement parce qu’elles font naturellement augmenter l’insatisfaction des usagers et qu’elles restent improductives. Tous ces éléments cumulés reviennent très cher à la société genevoise. Car le revenu disponible à la fin est une gageure de dépenses et d’impôts, donc aussi de social.

Sans pouvoir répondre à cette demande issue de la migration et du changement de société (les enfants sont devenus grands et les couples durent moins longtemps), produire 2000 logements par année reste anecdotique. En effet, s’il était possible de choisir librement son logement et de déménager sur Genève, il serait naturel que les loyers baissent. Question d’offre et de demande.

Finalement, les procédures administratives pour délivrer une autorisation de construire relèvent du jeu de l’oie avec souvent des années de perdues.

Cela coûte très cher, économiquement parce que les entreprises ne travaillent pas, et écologiquement à cause de tous les transports que cette situation induit.

Mais surtout, si les politiciens continuent à se détourner des réels problèmes que la population rencontre tous les jours, cela ouvre la voie à tous les populismes envisageables.

Peut-être que Néron, en regardant brûler Rome a relancé son économie de la construction, après ?!

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."