Jerome Koechlin

SPÉCIALISTE EN COMMUNICATION ET EN MANAGEMENT

Jérôme Koechlin, spécialiste en communication et en management et enseignant au Médi@LAB de l’Université de Genève, analyse et met en perspective dans son blog les enjeux de la communication moderne et du leadership.

L'identité d'un leader

Tout homme se définit par rapport aux autres, dans une perspective de réciprocité. C’est par l’échange et le dialogue que nous définissons nos identités individuelles et collectives. Il en va d’un chef d’entreprise comme d’un homme politique ou d’un citoyen. Nos identités sont ainsi plurielles et mouvantes et évoluent au gré de nos rôles, de nos activités, de nos rencontres, de nos voyages et de nos intérêts.

Un leader qui veut avoir de l’impact dans l’espace public doit non seulement bien se connaître soi-même et être en phase avec ses valeurs, mais également savoir apprécier les points forts et les points faibles de ses concurrents (benchmarking). Selon le philosophe Jürgen Habermas, toute identité ne peut être conçue que dans une forme réflexive, c’est-à-dire dans la conscience qu’a un individu de pouvoir participer au processus de communication au travers duquel se forme son identité et celle d’un groupe. Cette norme créative se répand à travers l’ensemble des structures de la société – activités professionnelle, médias, associations, clubs de sport, et vie intime.

Les sociologues parlent à ce sujet de « communication intersubjective » et de l’importance du lien « culturel » entre individus caractérisés par une histoire commune, des valeurs communes, une entreprise commune, des traditions partagées, et une idée collective qui sont à la base de leur identité. On parle ainsi de « culture d’entreprise », de « culture politique » ou encore de « culture sportive ».

Le coeur de toute culture, c’est le langage. Ainsi, les actes de parole des leaders publics et des acteurs médiatiques sont à la base de la construction des systèmes sociaux (entreprise, parti politique, association, club sportif). Nous le savons, « dire, c’est faire » en leadership communicationnel, et les systèmes sociaux sont conçus comme des réseaux d’actions communicationnelles. L’enjeu, pour un leader, est de s'appuyer sur ses valeurs, de créer un engouement, un consensus, un élan, en se basant sur les exigences de validité universelles - vérité, justesse et véracité.

Ainsi, la rationalité de la communication concerne à la fois la véracité des intentions exprimées et la justesse de certaines normes. L’action doit être en accord avec les besoins et les intérêts en jeu doivent être universalisables, ce qui permet prpcisément de construire une majorité, et de percevoir avec une meilleure acuité les problèmes de société. C’est précisément pour ces raisons qu’il faut combattre toute démagogie et tout populisme qui reposent le plus souvent sur des slogans, des préjugés, des caricatures, et, in fine, sur le mensonge.

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