Andreas Ruhlmann

PREMIUM CLIENT MANAGER À IG BANK

Andreas Ruhlmann, diplômé de la John Molson School of Business à Montréal et détenteur du CAIA (Chartered Alternative Investment Analyst), a évolué plus de 10 ans au cœur des salles de marchés de Saxo Bank et de la Banque Nationale du Canada. Il rejoint IG Bank en février 2014 afin de mettre son expérience au profit des clients Premium de la banque.

Spécialiste du marché des devises, des actions et en analyse technique, Andreas développe également de nombreuses formations sur les stratégies de trading, l’analyse graphique, la gestion de risque et la psychologie du trader. Découvrez les formations sur ig.com

Les opinions exprimés dans ce Blog sont celles de Andreas Ruhlmann et non de son employeur.

L’EURCHF pourrait atteindre 1.20 d’ici 6 mois

L’EURCHF pourrait atteindre 1.20 d’ici 6 mois

Le franc a perdu près de 8% de sa valeur face à la monnaie unique depuis le début de l’année, atteignant son plus bas niveau depuis l’abandon du taux plancher. Le franc s’est également déprécié d’environ 5% face à la livre, au dollar canadien, ou encore au dollar australien ; en revanche il s’est apprécié de 4.5% face au dollar américain et est resté stable face au yen. La monnaie suisse devrait continuer à s’affaiblir face aux autres devises majeures, et le cours de l’EURCHF a de bonne chance d’atteindre 1.20 d’ici début à mi 2018.  Voici les raisons:

 La BNS sera la dernière à bouger

Mis à part un changement de formulation d’un franc « significativement surévalué » à « surévalué », la BNS reste ultra expansionniste. Cela contraste avec les autres banques centrales majeures (excepté la banque du Japon), qui ont soit amorcé un resserrement de leur politique monétaire, ou soit annoncé des mesures prochainement.

La BCE, qui a changé de ton cet été suite à une amélioration nette du climat économique et politique, pourrait annoncer une réduction de son programme d’assouplissement quantitatif à son rendez-vous du mois d’octobre. Mais quelques soit l’issue du rendez-vous, il y a peu de chance que la BNS bouge avant que l’EURCHF n’atteigne à nouveau 1.20 et que les mesures de la BCE ne se concrétisent. L’affaiblissement du franc est la priorité de la BNS afin de remédier à la faible inflation et croissance en Suisse; qui elles-mêmes ne justifient pas un resserrement de la politique monétaire.

Les investisseurs entament le 4e trimestre avec un gros appétit pour le risque.

Les marchés US sont à des plus hauts historiques, l’Asie Pacifique (ex Japon) à des plus hauts depuis 2007, les indices  européen ont cassé la tendance baissière de cet été, et des 25 bourses majeure, seule la Russie est en territoire négatif. L’appétit pour le risque des investisseurs est immense ; même le risque de guerre nucléaire en Corée du Nord ou les ouragans durant le mois d’aout n’ont réellement pu l’ébranler. De plus nous entamons le quatrième trimestre qui est historiquement le meilleur trimestre de l’année.

Pour revenir au franc, celui-ci agit toujours en tant que valeur refuge durant les périodes d’incertitudes, cependant dans un environnement propice au risque, le franc est une devise d’emprunt attrayante grâce à son taux négatif. Si les investisseurs étaient devenus retissent à « Shorter » le CHF après la débâcle du 15 janvier, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. 

Le risque de notre scénario baissier sur la monnaie helvète est bien sûr une détérioration du climat géopolitique, qui engendrerai un afflue vers les valeurs refuges. Cependant la BNS a encore la capacité d’intervenir sur le marché des changes afin de limiter la volatilité sur le franc, comme elle l’a fait lors du Brexit, de l’élection de Donald Trump ou encore durant la campagne électorale française.

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