<p>Rédacteur en chef du Temps, (ex-rédacteur en chef de Bilan)</p>

Depuis le 1er janvier 2015, Stéphane Benoit-Godet dirige la rédaction du quotidien Le Temps. Il était le rédacteur en chef de Bilan de 2006 à 2015. Auparavant, il a travaillé pour les quotidiens La Tribune de Genève et Le Temps 1998-2003), journal dont il a dirigé la rubrique économique (fin 2000 à mi-2003). Juriste de formation, Stéphane a fait ses études en France à l'Université d'Aix-Marseille III. 

 

 

L'espoir américain

Il est toujours plus aisé de marcher sur deux pieds. C'est ce que disent ces temps les patrons des entreprises de luxe. 

Tous craignent de plus en plus un "double dip" en Europe, soit une rechute de la croissance, et une continuation de la stagnation japonaise alors qu'ils sont beaucoup plus confiants à propos du reste du monde. La capacité de résilience des Etats-Unis semble une fois de plus se démontrer et l'Asie (hors Japon) continue de confirmer les espoirs placés en elle.

Les manufactures de montres, les constructeurs automobiles, les créateurs de vêtements de haute qualité, les maroquiniers, les marques de cosmétiques, les designers de meubles, bref tous ceux qui sont qui sont dans le luxe savent pour autant que la partie n'est pas gagnée. La Chine (qui va remplacer ces prochaines semaines le Japon au rang de seconde puissance économique mondiale) reste complètement tournée vers l'Europe en ce qui concerne le luxe.  Dans ce domaine au moins, le pays avec le plus fort potentiel économique de la planète envie encore tout ce qui est beau et vient de Suisse, de France, d'Italie et d'Allemagne.

Les Etats-Unis continuent à être une terre à évangéliser dans ce domaine aussi. Le pays a certes une position de numéro un mondial sur la scène économique mais de grands pans de sa population qui ont pourtant suffisamment de moyens n'ont pas d'intérêt pour le luxe. Les entreprises horlogères le savent bien, elles qui ont toujours une anecdote sur telle ou telle personnalité croisée à New York ou à Los Angeles qui avait tous les codes du client type de l'industrie du luxe et qui se promenait pourtant avec une montre au moins de 100 dollars.

Certains patrons de grandes marques de montres mais aussi de maroquinerie par exemple n'hésitent pas à parler des Etats-Unis comme d'un pays émergent pour le luxe, tant l'investissement par tête dans ce domaine reste peu élevé. Mais il faudra encore que la crise économique soit vraiment résorbée. Tous les spécialistes de la conjoncture gardent un oeil attentif au niveau du chômage, estimant que dès que celui-ci sera retombé sous la barre des 5%, le luxe redeviendra vraiment un thème de majeur consommation Outre-Atlantique. Combien de temps faudra-t-il pour atteindre ce niveau? Pas avant 5 ans aux Etats-Unis... mais peut-être jamais en Europe.

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