Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

L’entrée en bourse «spéciale» d’Aramco

Annoncé début janvier, le projet d’introduction en bourse de la compagnie pétrolière nationale Saudi Aramco soulève la question des motivations du royaume à vendre – même partiellement – le joyau de sa couronne. 

Assise sur 265 milliards de barils (15% des réserves mondiales), l’entreprise se hisserait d’emblée au premier rang mondial des capitalisations boursières avec au bas mot 1000 milliards de dollars de valorisation. 

Loin devant Apple et Google. Mais Ryad, qui dispose de 600 milliards de réserves, n’a pas de besoins financiers urgents en dépit de la baisse des cours du pétrole qu’il a lui-même déclenchée. Certes, cette guerre des prix dure plus longtemps qu’envisagée. Mais vendre ses actifs pétroliers quand le pétrole est bas (et qu’on a en plus les moyens de le faire remonter) n’a aucun sens économique. 

Dans le contexte actuel au Moyen-Orient, cette annonce d’IPO est un message politique. C’est cohérent avec l’histoire de cette Arabian American Oil Company, rebaptisée Saudi Aramco en 1988, huit ans après sa nationalisation complète. Elle incarne la relation «spéciale» entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite depuis la rencontre entre Roosevelt et le roi Saoud à bord du «Quincy» en 1945. 

Le message s’adresse aux Etats-Unis qui, libérés par leur production de pétrole de schiste, se sont rapprochés de l’Iran et entretiennent les soupçons de financement du terrorisme par Ryad. En substance, c’est: ne nous lâchez pas et vos gros investisseurs auront un morceau d’Aramco tandis que des centaines de millions de commissions iront à vos banques pour la plus grosse IPO de tous les temps. Irrésistible?

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."