Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

L’après-Burkhalter ou l’enjeu d’une Suisse ouverte

Qui remplacera Didier Burkhalter au Département des affaires étrangères (DFAE)? Un Conseiller fédéral sortant ou son successeur au gouvernement? Un libéral-radical, un socialiste ou un démocrate-chrétien? Un Romand ou un Alémanique? Le choix n’est pas anodin car la politique étrangère de la Suisse se joue d’abord sur la scène intérieure plutôt que dans les grandes enceintes internationales.

Le principal combat que le nouveau chef du DFAE devra mener touchera à la politique européenne. Le Conseil fédéral est divisé vis-à-vis d’un accord institutionnel entre la Suisse et l’Union européenne (UE), dont l’objectif vise à encadrer les relations futures entre les deux parties. La perspective de l’implication de juges étrangers dans la résolution des litiges a déjà soulevé l’indignation de Christoph Blocher. Le tribun de l’UDC mènera une lutte féroce contre tout accord avec Bruxelles au nom de la souveraineté nationale. La capacité du prochain patron des affaires étrangères à convaincre le peuple sera déterminante. C’est pour cette raison que le choix de la personnalité qui en prendra les rênes est aussi importante.

Dans un environnement économique menacé par le protectionnisme et le repli sur soi, la tâche du successeur de Didier Burkhalter sera de faire comprendre que la prospérité de la Suisse passe par des frontières ouvertes au commerce et aux investissements. Il suffit de se pencher sur les chiffres de nos relations avec le monde pour en comprendre les enjeux:

1. L’UE est le principal partenaire économique de la Suisse avec 54% des exportations et 72% des importations.

2. La Suisse figure au 16ème rang mondial au niveau des exportations et au 17ème rang en ce qui concerne les importations.

3. Les multinationales, ainsi que certaines PME, réalisent 90% voire 99% de leurs chiffres d’affaires à l’étranger.

4. Le stock des investissements directs des sociétés suisses à l’étranger a grimpé à 1121 milliards en 2015. Soit 74% de plus que le pib.  

5. Le stock des investissements directs détenu par des entreprises étrangères en Suisse s’est élevé à 833 milliards en 2015.

6. Les entreprises helvétiques emploient plus de deux millions de collaborateurs dans leurs filiales étrangères contre 457 000 personnes pour les sociétés étrangères en Suisse.

7. Les échanges représentent 60% (moyenne 2013-2015) du produit intérieur brut (pib).

8. Le solde des transactions courantes (moyenne 2013-2015) se monte à 10,4% du pib.

La Suisse n’a donc pas le choix: l’ouverture des frontières est capitale.

 

 

 

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

"Tout ce qui compte.
Pour vous."