Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

L’apprentissage: une voie royale vers un emploi

D’ici au 1er septembre 2014, des milliers d’adolescents entreront pour la première fois de leur vie sur le marché du travail helvétique. Ils commenceront un apprentissage après avoir effectué plusieurs stages pendant les deux années précédentes pour choisir un métier parmi les deux cents reconnus par l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie.

Contrairement à la majorité des jeunes Européens poussés vers le lycée, environ 70% des Helvètes d’une même classe d’âge optent pour la formation duale (les Genevois et les Vaudois misent toutefois davantage sur l’obtention d’une maturité gymnasiale que les Alémaniques). D’autant que cette voie mène à un emploi au terme du cursus. Les chefs d’entreprises savent en effet qu’ils peuvent engager une main d’œuvre particulièrement bien formée. Résultat: le chômage des 15-24 ans est très faible en comparaison internationale: 9% en Suisse contre 23% dans l’Union européenne. Ce qui montre que l’adéquation entre l’école et le marché du travail est satisfaisante.

L’apprentissage permet aussi aux meilleurs élèves d’obtenir une maturité professionnelle. Un sésame qui leur ouvre les portes des hautes écoles spécialisées, lesquelles peuvent ensuite conduire leurs diplômés sur les bancs de l’Université ou des deux Ecoles polytechniques fédérales.

Le succès de la Suisse dans le domaine de la formation duale suscite d’ailleurs beaucoup d’intérêts chez nos voisins. Depuis plusieurs années, les délégations étrangères se succèdent à Berne. Elles viennent y chercher les recettes susceptibles d’abaisser fortement le taux de chômage chez les jeunes de leurs pays.

Le modèle helvétique est cependant en danger. En raison de l’évolution démographique, le nombre d’adolescents qui entrent sur le marché du travail diminue. L’inquiétude commence à saisir bon nombre de patrons qui se demandent comment ils vont repourvoir les postes disponibles dans un proche avenir. Par exemple dans l’industrie des machines, entre 5% et 7% des places d’apprentissage n’ont déjà pas pu être occupées au cours de ces deux dernières années. A terme, le risque est de manquer encore davantage de main d’œuvre qualifiée qu’aujourd’hui. Un risque encore amplifié par l’adoption, le 9 février 2014, de l’initiative «contre l’immigration de masse.»

Comme d’autres associations faîtières, Swissmem, qui coiffe la branche des machine, prend la situation très au sérieux. Pour preuve, elle a consacré le 2 juillet sa journée de l’industrie à la formation duale sous le titre: «Les voies royales, les contraintes et les tendances futures dans la formation professionnelle.»

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