Emilyturrettini

CHRONIQUE INTERNET

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

L'Addiction à Internet, toujours d'actualité

La dépendance à Internet reste un problème global, mais au Japon le gouvernement a décidé de réagir. Selon un article du Telegraph, il est estimé que 500 000 enfants japonais âgés entre 12 et 18 ans ont une addiction à Internet qui perturbe leur scolarité et provoque des troubles du comportement. Dans certains cas extrêmes, des problèmes de santé grave peuvent survenir comme une thrombose, suite à de longues heures passées immobile devant un écran.

Akifumi Sekinele ministre de l'Educationpropose de financer des programmes d'immersion pour apprendre aux enfants à vivre sans ordinateurs, téléphones portables et consoles de jeux. Il prévoit d'ouvrir des camps aérés et déconnectés pour les encourager à se divertir autrement, en participant à des jeux d'équipes et en communiquant non plus virtuellement mais en personne.

Dans un pays qui compte 700 000 « hikikomori », un mot qui désigne une pathologie psychosociale qui touche surtout de jeunes adultes et qui se manifeste par le fait de vivre cloîtré chez ses parents pendant plusieurs mois, voire des années, il est urgent d'empoigner le problème. Au Japon, l'échec dans un parcours scolaire ou dans son travail est source de déshonneur. Alors ces jeunes réagissent en s'isolant de la société, emmurés dans leur chambre.

Le projet des centres aérés japonais est plus « soft » que celui appliqué par la Chine, où dès 2004, le gouvernement a lancé une offensive contre la dépendance à Internet, l'accusant d'être à l'origine d'une baisse des résultats scolaires et responsable de la détérioration des rapports familiaux. Des établissements de désintoxication qui fonctionnait comme des camps d'entraînement militaire ont été ouverts, et des électrochocs administrés aux jeunes. Des traitements barbares finalement abandonnés quelques années plus tard en 2009, suite à des articles de presse condamnant ces pratiques et des tests cliniques jugés peu concluants.

Le terme « Internet Addiction », nous le devons à la psychologue américaine Kimberly Young qui l'a employé pour la première fois lors d'un colloque à Toronto en 1996.  Et depuis lors, des débats continuent d'avoir lieu pour déterminer si oui ou non c'est une véritable pathologie. Ce n'est qu'en mai de cette année, 17 ans après son introduction, que le manuel de référence sur les maladie mentales « Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders » a inclus un (seul) aspect de cette dépendance, celle liée aux jeux (Internet Gaming) dans sa dernière édition, parue au mois de mai.

L'addiction à l'Internet, sujet d'innombrables études et générateur de titres dans les journaux - peut-être parce que cela résonne en chacun de nous - n'est pas prête de s'estomper. Les smartphones et réseaux sociaux amplifieraient le phénomène. Selon une étude de l’université de Chicago, cliquer sur « J'aime » et « Retweet » entraîne une décharge de dopamine, un neurotransmetteur addictif, provoquant une dépendance comparable au tabac, à l'alcool ou au jeu. Pour parer au problème, des doctorants de MIT, à moitié sérieux, proposent un appareil qui envoie une décharge dans sa main lorsqu'on reste trop longtemps sur Facebook. 

D'autres y voient une opportunité commerciale. Selon un article de l'AFP, des hôtels s'engouffrent dans le créneau de la « désintoxication numérique », proposant à leurs clients d'abandonner leurs appareils électroniques à l'accueil, tandis que des agences de voyage comme Digital Detox se spécialisent dans l'organisation de séminaires et de retraites sans connexion Internet.

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