De Weck Julien

Rédacteur en chef de Bilan

Face aux incertitudes, nous avons plus que jamais besoin de repères

Complètement flou. Crise sanitaire, crise climatique, l’avenir se dessine en pointillé et les repères viennent à manquer dans un monde en profonde mutation. Le Covid, virus indifférent aux frontières, devait nous rappeler que nous sommes inextricablement reliés les uns aux autres comme aux écosystèmes dans lesquels nous vivons. Contrairement à ce fait, il clive jusque dans l’intimité des familles. Il en est de même pour le changement climatique, qui creuse, votation après votation, les fossés villes-campagnes, générationnels et sociaux.

Face aux incertitudes, le besoin de repères est criant. Les scientifiques ont été au centre de la lutte contre le coronavirus. Ils le sont tout autant dans la crise climatique. Le sixième rapport d’évaluation du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) rappelle à ce titre la justesse des hypothèses des climatologues dès la fin des années 1970.

A une époque où nos capacités de collecte et d’analyse de données sont inégalées, la transparence, basée sur des faits rigoureux, est une nécessité sur laquelle tout un chacun devrait pouvoir s’appuyer pour décider. De nos achats alimentaires aux investissements de nos avoirs de prévoyance, les initiatives, plus ou moins crédibles, fleurissent. Mais comme le démontre notre dossier (p. 32), si les labels alimentaires prolifèrent, c’est avant tout parce qu’ils font vendre, reléguant les besoins de transparence des consommateurs et des producteurs au second plan. Le nouveau paradigme de la soutenabilité à long terme des systèmes économiques va inexorablement procéder à un rééquilibrage, où les externalités des services et produits seront quantifiées et qualifiées. Aux acteurs économiques de s’adapter en conséquence.

Face aux incertitudes, l’innovation est aussi porteuse d’espoir. Les dix-huit derniers mois ont démontré l’importance de la collaboration mondiale, ainsi que la formidable capacité d’innovation du secteur privé en réponse aux défis auxquels nous sommes confrontés. L’ARN messager promet des vaccins là où les approches traditionnelles ont échoué. Une technologie qui ouvre également de nouvelles perspectives en matière de traitement des cancers, autre problématique sanitaire mondiale. Des technologies décarbonées sont peu à peu intégrées par les industries qui comptent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, aciérie, cimenterie et chimie en tête. De la biotech aux steaks-éprouvette, des pans entiers de l’économie se transforment sous nos yeux grâce au puissant levier de l’innovation.

Des innovations qui ne doivent rien au hasard. Les programmes de recherche des principales puissances économiques financent les travaux qui dessinent les solutions de demain. A la suite de l’abandon de l’accord-cadre institutionnel, la Commission européenne a annoncé que la Suisse ne figurait pas dans la liste des pays associés au programme Horizon-Europe, le mieux doté du monde. Aujourd’hui, la recherche du pays se trouve otage d’un jeu politique et ses scientifiques écartés alors que commencent les premiers appels à projets. Le Conseil fédéral serait bien inspiré de clarifier notre future relation à l’Union européenne pour ne pas prétériter la formation des générations futures et le socle de notre prospérité.

Formation, innovation, durabilité. Trois repères dans un monde qui ne cesse d’accélérer. Trois filtres au travers desquels nous souhaitons décrypter l’actualité économique. Bonne lecture.

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