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Journaliste à Bilan

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

Devenir propriétaire, le casse-tête d'une vie

Pour 800 000 francs d’hypothèque bancaire, un ménage doit attester d’un revenu annuel d’au moins 176 000 francs

S’il y a bien un dilemme qui se présente à nous fréquemment, c’est celui de devenir propriétaire d’un bien immobilier ou de rester locataire. D’un côté, la location peut être séduisante par sa simplicité et la forme de liberté qu’elle octroie. Mais cette option coûte 40 à 50% plus cher. A contrario, si l’on réfléchit sur du long terme, un achat immobilier est tout indiqué. Mais de nouveau, la décision d’acquérir un logement ne se fait qu’au prix d’une concession: celle d’un endettement sur plusieurs années.

En observant les données de l’Office fédéral de la statistique, on se rend vite compte que peu de Suisses accèdent à la propriété. Depuis 2014, le taux de propriétaires sur le territoire stagne aux environs de 40%, en bas du classement européen. Avec des taux hypothécaires qui n’ont jamais été aussi bon marché, rendant l’achat attrayant, on se demande ce qui freine encore les indécis. A priori, la forte pénurie de biens à la vente en serait la cause. Elle aurait engendré une envolée des prix cinq fois plus rapide que celle du revenu de la population.

Dès lors, si un ménage suisse souhaite acquérir une maison individuelle plutôt abordable pour un montant de 1 million de francs et qu’il peut fournir les 20% minimums de fonds propres, il doit pouvoir attester d’un revenu annuel d’au moins 176 000 francs pour l’hypothèque bancaire de 800 000 francs. Problème: en 2018, le salaire médian brut annuel des salariés à plein temps en Suisse s’élevait à 81 000 francs. Le calcul est vite fait, travailler à 100% pour un couple ne suffit pas à satisfaire les conditions financières d’un tel emprunt. La Banque Raiffeisen rapporte par ailleurs, dans une étude récente, que seuls 30% de l’ensemble des ménages disposeraient des capitaux nécessaires pour s’offrir une maison individuelle.

Triés sur le volet

Outre le facteur financier, l’âge est également important dans la prise de décision. D’après les données de Credit Suisse, 13,5% des 30-35 ans sont propriétaires, contre presque 51% des baby-boomers. L’âge moyen se situant autour des 58 ans. Les nouvelles réglementations bancaires plus strictes ont donc laissé tout un pan de la société de côté.

Autre élément crucial: le mode de vie recherché. Si l’on souhaite acheter au centre-ville, dans l’arc lémanique, on devra y mettre une plus grosse somme ou bien rogner sur les surfaces. Selon le lieu d’habitation, les prix peuvent varier du simple au double sachant que l’on peut faire environ 20% d’économies simplement en s’éloignant à quelques kilomètres des centres urbains.

Pour conclure, on peut se demander si nous avons véritablement le choix. Puisque, au final, entre être locataire ou devenir propriétaire, ce qui fera pencher la balance, ce sont bel et bien nos finances.

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