Joan Plancade

JOURNALISTE

Journaliste économique et d’investigation pour Bilan, observateur critique de la scène tech suisse et internationale, Joan Plancade s’intéresse aux tendances de fonds qui redessinent l’économie et la société. Parmi les premiers journalistes romands à écrire sur la blockchain -Ethereum en particulier- ses sujets de prédilection portent en outre sur l'impact de la digitalisation, les enjeux de la transition énergétique et le marché du travail.

Philanthropie: le fait du prince

«Si à 50 ans tu n’as pas ta fondation, tu as raté ta vie», dirait certainement aujourd’hui Jacques Séguéla, à l’heure où l’horlogerie de luxe se porte moins bien que le mécénat. Assoiffés

de justice sociale, les puissants rivaliseraient de générosité pour répondre à leur quête existentielle de sens. Faut-il s’en réjouir?

A y regarder de plus près, le phénomène est vieux comme l’histoire et ressurgit cycliquement aux périodes de forte concentration de richesses. Dans la Grèce antique, puis à Rome, fruits du commerce et butins de guerre avaient entraîné une vague de dons sans précédent. Il était déjà d’usage de travailler son image de bienfaiteur en inscrivant son nom sur les thermes, théâtres ainsi financés, afin de se légitimer et passer à la postérité. Les œuvres religieuses du Moyen Age avaient pris le relais, avant qu’à la Belle Epoque, les grandes fortunes de la révolution industrielle réinventent la philanthropie pour calmer la colère sociale.

Pourtant, en démocratie, un système de répartition moderne existe: l’impôt. Un système auquel les Microsoft et autre Facebook échappent largement, par des montages sophistiqués, quand dans le même temps leurs créateurs se lancent corps et âme dans des fondations… souvent défiscalisées elles-mêmes.

Il faut dire que ce n’est pas très glamour, l’impôt. On n’a jamais vu quelqu’un entrer dans l’histoire pour sa contribution fiscale. En donnant, en revanche, on assied sa domination sur les nécessiteux qui dépendent de son bon vouloir. On peut toutefois s’inquiéter d’une société où les grandes causes dépendraient plus du fait du prince que de la volonté des peuples.

 

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."