Joan Plancade

JOURNALISTE

Diplômé du master en management de l’Ecole supérieure de Commerce de Nantes, Joan a exercé pendant sept ans dans le domaine du recrutement, auprès de plusieurs agences de placement en France et en Suisse romande. Collaborateur externe pour Bilan, Il travaille en particulier sur des sujets liés à l’entreprise, l’innovation et l’actualité économique.

Lifting californien dans les bureaux

Lifting californien dans les bureaux

Quoi de plus sympathique que ces friches industrielles réaménagées, où la classique réception des bureaux d’entreprise a laissé place à un bar, des espaces nomades, une table de tennis de table et où le tutoiement est de rigueur? Exit le traditionnel bailleur: dans l’univers du coworking, de jeunes managers dynamiques arborent avec le sourire le T-shirt d’entreprise à l’image de leur clientèle chouchoutée, startuppeurs, slasheurs ou freelances.

On en oublierait presque la présence en coulisse du vieux monde de l’immobilier, qui voit ici une opportunité inespérée de valoriser ses espaces alors que par ailleurs les surfaces inoccupées explosent, en Suisse en particulier.

Pour faire perdurer l’illusion, il est essentiel de soigner le vernis technologique californien du coworking à coup d’envolées lyriques très Silicon Valley. Ainsi, dans le discours, WeWork fait bien plus que de l’immobilier de bureau: elle dessine un «nouveau style de vie».

Contournant ainsi la bulle immobilière en se positionnant comme une pépite technologique, c’est tout logiquement que l’entreprise a été rattrapée… par la bulle technologique.

Survalorisée à 47 milliards, puis révisée à 20 milliards du jour au lendemain, son entrée en bourse avortée, sur fond de creusement des pertes, marque le retour des investisseurs – échaudés par le cas Uber – à des fondamentaux tels qu’une croissance maîtrisée, une vision de profitabilité ou encore une valorisation sensée.

L’échec, bien que retentissant, ne remet pas en cause la progression globale du coworking, mais pose une question, celle de la rentabilisation d’un modèle immobilier où les contrats sont plus courts et les utilisateurs plus précaires.

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